Le site néonazi Stormfront, «capitale du meurtre» de l’Internet, fermé par son hébergeur

WEB Ses membres auraient commis jusqu’à 100 meurtres...

M.C.

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Une manifestante anti-extrême droite à Boston, le 19 août 2017.

Une manifestante anti-extrême droite à Boston, le 19 août 2017. — PACIFIC PRESS/SIPA

C’était l’un des plus anciens repaires de suprémacistes blancs et néonazis sur la Toile. Le site Stormfront, lancé en 1995 par un ancien responsable du Ku Klux Klan, a été fermé par son hébergeur le week-end dernier, alors que l’Amérique est toujours sous le choc des violences racistes de Charlottesville.

Stormfront, qui avant sa fermeture attirait près de 500.000 visiteurs chaque mois, avait été surnommé la « capitale du meurtre » de l’Internet par l’association américaine Southern Poverty Law Center, selon laquelle les membres de Stormfront auraient commis jusqu’à 100 homicides. Le site était notamment fréquenté par Anders Breivik, qui a tué 77 personnes à Oslo en 2011.

Don Black, son fondateur, avait été condamné à de la prison dans les années 1980 pour avoir tenté de renverser le gouvernement de la Dominique. Ses messages niant l’Holocauste sont apparus sur les forums en ligne dès 1985.

Insultes contre les couples mixtes ou caricatures racistes

Une semaine avant que Network Solution, la société qui hébergeait Stormfront, ne décide de cette fermeture, sa maison-mère - l’entreprise Web.com - avait reçu une lettre de l’association de défense des droits civiques Lawyers' Committee for Civil Rights Under Law, détaillant les infractions du site néonazi à sa charte d’utilisation.

« Depuis sa création, Stormfront a été régulièrement identifiée comme un site où prolifère la haine raciale », déclare Becky Monroe, l’une des responsables de l’association. Les messages typiquement postés sur le site incluent « des insultes contre les couples mixtes, des partages de caricatures racistes ou des posts qui déshumanisent les minorités en les appelant "créatures" ou "ethnies" », énumère-t-elle. Don Black, qui n’avait pas été prévenu de cette fermeture, dit à présent envisager une action en justice pour tenter de récupérer son site.