Le blogueur américain Roosh V (Daryush Valizadeh, de son vrai nom).
Le blogueur américain Roosh V (Daryush Valizadeh, de son vrai nom). - YOUTUBE/ROOSH V

Un rassemblement mondial des pro-viol. 165 meetings, 43 pays ! Des pétitions réclamant leur interdiction. Des politiques qui s’en mêlent. Et finalement, une annulation, pour des raisons de « sécurité ». En une semaine, l’affaire a fait le tour de la planète. Et celui qui se frotte les mains, c’est son instigateur, le blogueur champion de la « néomasculinité », Roosh V, qui a vu sa médiatisation exploser.

Qui est Roosh V ?

Daryush Valizadeh, de son vrai nom, est un blogueur américain peu connu, qui a bâti sa présence médiatique depuis 2007 autour de conseils pour choper, du type « Ne demandez jamais la permission ». Il a écrit une dizaine de manuels auto-publiés sur Amazon.

C’est quoi la « néomasculinité » ?

Un concept macho au final assez basique de domination de l’homme sur la femme que le blogueur tente de promouvoir. Il s’attaque régulièrement au mouvement féministe, l’accusant d’avoir « déclaré la guerre aux hommes ». Roosh a notamment été très actif pendant l’épisode du Gamergate.

Et il veut rendre le viol légal ?

Non. Reprise un peu partout, cette affirmation repose sur un billet « Comment stopper le viol » dans lequel il suggérait « de le légaliser sur les propriétés privées ». De cette façon, expliquait-il, « le consentement serait alors donné quand elle franchit le pas de la porte ». Mais le blogueur a ensuite précisé qu’il s’agissait « d’un billet satirique ». « Légaliser le viol est absurde, je ne pensais pas être pris au sérieux », indique-t-il. Roosh n’aide cependant pas son cas avec des billets comme « Quand non veut dire oui » ou quand il raconte encore une anecdote sur un coup d’un soir en Islande : « J’ai réalisé à quel point elle était ivre. En Amérique, coucher avec elle aurait été du viol, puisqu’elle ne pouvait pas donner son consentement, mais je m’en foutais et n’ai pas hésité une seconde ». Il n’a, jusqu’à présent, jamais été poursuivi pour agression sexuelle.

C’était quoi, ce rassemblement mondial ?

Roosh voulait organiser une rencontre pour les membres de son site Internet sur le modèle des « clubs de gentlemen » de l’avant-guerre. Traduction : des rassemblements interdits aux femmes et aux gays.

Comment les politiques s’en sont mêlés ?

Plusieurs pétitions ont alerté les pouvoirs publics. En France, des rendez-vous étaient prévus à Paris et à Nantes. La secrétaire d’Etat en charge du Droit des femmes, Pascale Boistard, est montée au créneau.

« Ton discours poubelle pro-viol, misogyne et homophobe n’est pas le bienvenu à Ottawa », a écrit le maire de la ville canadienne, Jim Watson. Au Royaume-Uni et au Canada, certains ont réclamé que le blogueur soit interdit de territoire.

Et les hackers d'Anonymous?

Comme souvent, le mouvement veut jouer les justiciers. Mais selon le blogueur, l'adresse publiée est celle de sa famille.

Son mouvement est-il massif ?

Non. Son site, Return of Kings, a reçu 1,2 million de visites en décembre, selon l’estimation de SimilarWeb. En étant généreux, cela doit représenter moins de 250.000 visiteurs uniques mensuels. Roosh a 20.000 followers sur Twitter et sa page Facebook a moins de 13.000 fans. Sur YouTube, la plupart de ses vidéos ont moins de 50.000 vues. Selon le Washington Post, son plus rendez-vous, à New York, a rassemblé… 77 personnes. Mais Roosh profite de la polémique : son nom a été plus recherché que celui de Jeb Bush sur Google mercredi et jeudi. Et comme Donald Trump le sait bien, il n’y a pas de mauvaise publicité.

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