Illustration de l'application Free Basics
Illustration de l'application Free Basics - Capture d'écran

L’Inde donne du fil à retordre à Mark Zuckerberg. Comme le relate le site de Bloomberg, les autorités indiennes ont décidé de suspendre Free Basics, un service gratuit créé par Facebook, permettant d’accéder à une version simplifiée du réseau social, à la météo, à un moteur de recherche etc. Au nom de la neutralité du Net, la Trai (la Telecom Regulatory Authority of India), a demandé à Reliance Communications, l’opérateur dont dépend le service, d'interdire le service.

Manque de neutralité et favoritisme

Depuis février, l’application mobile permet aux clients indiens de se connecter gratuitement à Internet. Jusque-là rien de problématique, si ce n’est que l’Internet auquel se connectaient les internautes était conçu par Facebook, qui décidait des partenaires pouvant participer à ce projet. Largement taxé de favoritisme, le réseau social a par la suite décidé d’ouvrir les candidatures à tous, tout en gardant le contrôle final.

Malgré cet effort, la Trai a quand même décidé d’interdire le service, posant la question de la neutralité du Net. Pour le régulateur indien des Télécoms, le réseau social continuerait de favoriser certains services, et en écarterait d’autres. Par exemple, via Free Basics, une recherche sur Google est payante, sur Bing, non. « Nous n’avons pas de problème avec l’Internet libre à partir du moment où il ouver à tous. Free Basics n’est qu’un moyen de verrouiller les utilisateurs vers l’écosystème de Facebook. Il n’y a pas Google, ni Youtube », a expliqué Mahesh Murthy, patron d’une startup indienne interrogé par Bloomberg. « Il n’est pas possible que les riches aient accès à l’intégralité du Net quand les pauvres, eux, ne peuvent avoir accès qu’à Facebook ».

Facebook a lancé une campagne de soutien

Face à ce rejet des autorités indiennes, Facebook n’a pas tardé à contre-attaquer. En plus d’une campagne de soutien (pétition, panneaux publicitaires), le fondateur du réseau social en personne s’est exprimé via une tribune dans le Times of India. « Dans chaque société, il existe des services de base qui sont si importants pour le bien-être des personnes qu’ils doivent être accessibles librement », a déclaré Mark Zukerberg, « il ne s’agit pas de nos intérêts commerciaux (…) mais de permettre un accès à des services basiques à des personnes, afin qu’elles profitent des opportunités offertes par Internet ».

Si Free Basics est présent dans 37 pays, l’Inde, avec ses 400 millions d’internautes, demeure tout de même un marché non négligeable pour Facebook. Le bras de fer ne fait donc que commencer.

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