La page d'accueil du réseau social Twitter.
La page d'accueil du réseau social Twitter. - LOIC VENANCE / AFP

Rassurer la plupart de ses amis en un clic, retrouver ses proches disparus, héberger des inconnus bloqués dans la rue grâce au hashtag #PorteOuverte, inciter un maximum de personnes à donner leur sang pour aider les victimes… Après les attentats à Paris vendredi soir, les réseaux sociaux ont joué un rôle crucial. L’entraide et la solidarité en ligne observées depuis trois jours sont sans précédent. Ce lundi matin encore, un nouveau hashtag #MonPlusBeauSouvenirDuBataclan rendait hommage à la salle de spectacle endeuillée.

Psychose, trolls, photo choquante et propagande

Mais Facebook et Twitter n’ont pas fait que du bien ces derniers jours. Les rumeurs et la psychose se sont rapidement immiscées entre les messages bienveillants. Vendredi soir et dimanche soir, de fausses alertes (liées à des jets de pétards) relayées sur les réseaux sociaux ont contribué aux mouvements de panique. « Attention ! Il y a eu des tirs à Etienne Marcel et dans le Marais !! Ne restez pas à République », « Pas une blague ! Des tirs à Beaubourg ! J’ai un pote qui vient de m’appeler ! », pouvait-on par exemple lire sur Twitter entre 18h30 et 20h00 dimanche. Il y avait ceux qui étaient sincèrement persuadés d’avoir entendu des tirs et ceux qui faisaient croire être pris dans une fusillade (pour attirer l’attention ?)

Les complotistes et les trolls ont également profité de ces espaces d’expression en ligne pour propager des hoax malgré l’avertissement de la police nationale.

Certains de ces messages visaient à semer la panique. Plusieurs internautes évoquaient par exemple sur Twitter vendredi des textos reçus par des tiers les avertissant d’une nouvelle vague d’attentats à venir samedi.

Après les éloges de sa fonctionnalité Safety Check très utile vendredi soir, Facebook suscite par ailleurs depuis deux jours l’incompréhension des internautes. Impossible de débarrasser la plateforme d’un cliché atroce montrant des corps gisant dans le Bataclan, publié en masse sur le site. De nombreux utilisateurs, choqués, ont envoyé des captures d’écran à 20 Minutes et se disent en colère de voir qu’une telle photo n’est pas immédiatement supprimée du réseau social.

Certains faisaient également remarquer ce week-end que pendant l’élan de solidarité sur Twitter avec #PorteOuverte et les partages d’avis de recherche, certains comptes postaient des messages de propagande en soutien à Daesh sans jamais être suspendus par les équipes de modération du site.

Des internautes étaient nombreux à rappeler qu’en mars dernier Anonymous avait publié la liste de 9.200 comptes Twitter liés à l’Etat islamique. Facebook n’est pas épargné. Depuis un an, plusieurs médias racontent comment l’Etat islamique tente de recruter via la plateforme. Après avoir infiltré les filières françaises de recrutement de Daesh, des journalistes d’Enquête Exclusive démontraient l’année dernière l’importance des réseaux sociaux dans l’endoctrinement des futurs djihadistes et dans la diffusion de leur propagande.

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