Le journaliste Sylvain Lapoix a eu l'idée du hashtag «PorteOuverte» le 13 novembre 2015.
Le journaliste Sylvain Lapoix a eu l'idée du hashtag «PorteOuverte» le 13 novembre 2015. - Photo personnelle Sylvain Lapoix

Vendredi, plusieurs Parisiens ont spontanément proposé d’accueillir les personnes se trouvant près des lieux des attaques terroristes et cherchant un lieu où se réfugier. Cet élan de solidarité spontané s’est propagé sur Twitter grâce au hashtag « #PorteOuverte ». Un mot-dièse de ralliement lancé principalement par le journaliste Sylvain Lapoix. Ce dimanche soir, fatigué d’être contacté par des confrères souhaitant l’interviewer, il a décidé de répondre par tweets aux questions qui lui ont été le plus fréquemment posées.

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Le jeune Parisien raconte qu’il était chez lui vendredi soir et qu’il a « vu une photo du Bataclan sur Facebook [et est] allé sur Twitter pour comprendre ». En consultant le site de microblogging, il a « vu des tweets qui proposaient un abri, d’autres qui en cherchaient ». Il explique : « Je me suis dit qu’il manquait un "point de ralliement", j’ai pensé à la géolocalisation, puis au hashtag. »

 

Sylvain Lapoix dit avoir « réalisé plus tard » l’ampleur de l’engouement pour le mot-dièse #PorteOuverte : « Quelques heures après, j’ai vu qu’il y avait 300.000 tweets qui l’avaient utilisé ».

« Ceux qui ont aidé, c’est ceux qui ont ouvert leur porte »

Son initiative lui a valu des réactions contrastées. Plusieurs internautes lui reprochaient de donner des cibles aux tireurs. « J’ai réalisé que c’était absurde : des gens rentraient partout. Au contraire, plus il y avait de portes, moins elles pouvaient être prises pour cible », se défend le jeune homme. D’autres commentaires disaient « que ça leur redonnait foi en l’humanité ».

« Je ne suis pas secouriste, flic, pompier, j’étais inutile. Alors j’ai essayé de donner des conseils d’usage du réseau », avance-t-il au sujet de ses motivations. Sylvain Lapoix n’a hébergé personne ce soir-là car il se trouvait loin des lieux des attentats. « J’ai proposé à des amis d’amis mais ils [étaient en sécurité] », précise-t-il.

L’instigateur de #PorteOuverte conclut, modeste : « J’ai juste fait un tweet en deux secondes qui m’a pris une seconde [de réflexion]. Ceux qui ont aidé, c’est ceux qui ont ouvert leurs portes. Et je pense qu’ils ont des histoires bien plus intéressantes à raconter que moi. »

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