Google inaugure le «Lab» de son institut culturel en l'absence d’Aurélie Filipetti

WEB – Le « Lab » de l’institut culturel de Google est inauguré ce mardi à Paris, en l’absence revendiquée de la ministre de la Culture…

Joël Métreau

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L'écran de 65 m2 dans le Lab de l'institut culturel de Google.

L'écran de 65 m2 dans le Lab de l'institut culturel de Google. — Thomas Deron

Finalement, elle s’abstiendra de s’y rendre «pour ne pas servir de caution» à Google. Aurélie Filippetti n’assistera donc pas mardi soir à l’inauguration, à Paris, du Lab de l’institut culturel Google. La présence du gouvernement sera toutefois assurée par Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Economie numérique a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. «La présence d'un membre du gouvernement à cette inauguration ne retire rien aux divergences importantes sur différents dossiers entre la France et Google, constatées par la ministre de la Culture», a ajouté cette source.

Au Monde, la ministre de la Culture avait précisé qu’il existait quatre points de frictions entre le ministère de la culture et le géant américain: «La question de l'équité fiscale, celle de la protection des données personnelles, celle de la protection de la diversité culturelle et enfin le dossier des droits d'auteurs». «Nous venons de l’apprendre, nous sommes extrêmement déçus parce qu’elle était s’était encore engagée hier soir à inaugurer ce lieu», expliquait-on ce mardi matin lors de la conférence de presse de présentation du Lab.

Une absence soutenue par l’Adami, société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes. Bruno Boutleux, son directeur général, explique à 20 Minutes: «Nous avons malgré tout un problème avec ces géants du Net, c’est le partage de la valeur. On ne peut pas être une industrie aussi florissante sans rémunérer la matière première. Nous attendons que Google soit davantage solidaire avec ceux à qui ils doivent leur existence, les producteurs de contenu.»


Google lance son «Lab» à Paris par 20Minutes

L’institut culturel Google allie désormais à sa plate-forme en ligne un espace physique appelé «Le Lab», un lieu destiné à poursuivre «la collaboration entre la culture et les nouvelles technologies», selon les termes de son directeur, Amit Sood. Cet espace a été aménagé dans les locaux français de la firme, à Paris, à l’emplacement des anciennes écuries de l’hôtel particulier situé 8 rue de Londres. Le projet d’institut culturel était déjà inscrit dans l’agenda de Google à l’ouverture de son siège, en décembre 2011. Deux ans plus tard, ce «Lab» a pris forme. Il restera fermé au public, mais accueillera des artistes en résidence.

Sur cet espace, un petit atelier comprenant notamment imprimante 3D et appareil photo Gigapixel, une machine à faire des pancake… A l’étage inférieur, un écran de 65m2, où notamment zoomer sur des représentations d’œuvres d’art pour en révéler les détails. Exemple qui en était donné ce mardi matin avec No woman, no cry de Chris Ofili. Un tableau exposé à la Tate Britain et qui figure sur la plateforme en ligne de l’institut culturel Google, gérée par une vingtaine d’ingénieurs. Une plateforme qui compte déjà 6 millions de documents numérisées, 57 000 œuvres d'art en ligne et qui permet de visiter virtuellement 93 musées grâce à la technologie Street View… 

Les 340m2 du «Lab» semblent donc assez dérisoire par rapport au gigantisme du Google Art Project et au nombre de ses partenaires: 400 dans cinquante pays. Parmi les 34 nouveaux annoncés aujourd’hui, cinq français: la Villa Ephrussi de Rothschild, le Musée des arts et métiers, l’institut du Monde Arabe, l’institut Marie Curie et le site du Pont du Gard. « A la sollicitation de Google on a répondu favorablement, on a nous laissé l’opportunité de choisir ce qu’on voulait exposer, indique à 20 Minutes Paolo Toeschi, directeur général du site du Pont du Gard.  Par nature, notre site est un patrimoine mondial, nous allons chercher nos visiteurs sur toute la planète. Et aujourd'hui la communication via Internet et Google est déterminante.» « On estime que la valorisation des collections fait partie de notre mission, renchérit Xavier de Monfort, directeur de la communication et des publics au Musée des Arts et métiers. Par sa puissance, Google permet cette valorisation. Les collections seront présentes aux yeux du monde entier. » Mais pour l'instant, les deux musées français les plus visités, Le Louvre et le centre Pompidou, résistent à l'appel de Google.

 

Google a également dévoilé ce mardi son projet «Google Open Gallery» afin de créer sa propre exposition en ligne. Encore en phase de test, elle est gratuite et disponible sur invitation.

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