De gauche à droite, deux des quatre fondateurs de Twitter, Jack Dorsey et Evan Williams et l'actuel CEO, Dick Costolo.
De gauche à droite, deux des quatre fondateurs de Twitter, Jack Dorsey et Evan Williams et l'actuel CEO, Dick Costolo. - PHOTOMONTAGE 20 MINUTES / AP / SIPA
Philippe Berry

Facebook n'a pas le monopole des coups de poignard dans le dos. Comme toute success story de la Silicon Valley, celle de Twitter est remplie de moments magiques et de trahisons arrosés à la vodka-redbull. Voici les cinq anecdotes les plus marquantes du livre Hatching Twitter: All is fair in love and Twitter du journaliste du New York Times, Nick Bilton.

1. Le concept final trouvé après une soirée passée à boire de la vodka

Février 2006. Les jours de la plateforme de podcasts Odeo sont comptés: Apple vient d'ajouter la fonction à iTunes. Le cofondateur, Noah Glass, et un employé embauché un an plus tôt, Jack Dorsey, noient leur chagrin dans la vodka-redbull. Alors qu'ils dessoûlent dans la voiture de Glass, à 2h du matin, Dorsey pitche ses deux idées de «plan B»: devenir un designer de mode ou lancer un site Web permettant de partager des statuts simples comme «Au lit» ou «Vais au parc». Glass n'est pas convaincu: le concept ressemble trop au message d'absence d'AOL ou d'ICQ. Et si le service s'orientait vers une conversation?, demande-t-il. Banco, disent le cofondateur d'Odeo, Evan Williams, et le cadre Biz Stone.

2. Le nom trouvé en tournant les pages du dictionnaire

Ev Williams propose d'abord, en plaisantant, «Friendstalker» (ami + «stalker»). Noah Glass, lui, tourne une à une les pages du dictionnaire lorsque son téléphone, en silencieux, vibre. Il pense à «vibrate» puis au mot voisin «twitch» (spasme). Il lit les autres mots commençant par «tw» et arrive à «twitter», qui signifie à la fois «gazouillis» et «être excité». Il tient le vainqueur.

3. Trois trahisons en cinq ans

Octobre est un mois dangereux chez Twitter. En 2006, six mois après avoir publié le premier tweet, Jack Dorsey évince son «ami» Noah Glass en laissant Evan Williams faire le sale boulot. En 2008, Dorsey est de plus en plus contesté, notamment par Williams et les premiers investisseurs. «Tu veux devenir CEO?», demande un jour Dorsey à Williams. «Oui, j'ai l’expérience de diriger une entreprise, et c'est ce dont Twitter a besoin», répond l'intéressé. Dorsey est mis au placard avec un titre honorifique de président dépourvu de droit de vote. Deux ans plus tard, Twitter peine à se trouver un business model sous la direction de Williams. En octobre 2010, le board le remplace au poste de CEO par Dick Costolo, jusqu'ici directeur des opérations. Il fait revenir Jack Dorsey à un poste décisionnaire.

4. Jack Dorsey a failli partir chez Facebook

Dès 2007, Mark Zuckerberg s'intéresse à Twitter, vu comme un concurrent potentiel. Jack Dorsey songe à vendre mais le deal tombe à l'eau avec son éviction, en 2008. Zuckerberg lui offre alors un job, à un rôle non défini. Après plusieurs entretiens, Dorsey décline finalement et se concentre sur sa startup de paiement, Square.

5. Al Gore a essayé d'acheter Twitter

On savait que Facebook, Microsoft et Yahoo! avaient tenté d'acheter Twitter. Selon le récit de Nick Bilton, Al Gore aussi. L'ex-vice-président américain a fait une offre en 2009 à Ev Williams et Biz Stone, lors d'une soirée «copieusement arrosée au vin et à la tequila». Ils ont décliné, et Twitter s'apprête à faire ses débuts en Bourse dans quelques semaines. Ev Williams devrait toucher le jackpot et peser 1,65 milliard de dollars, suivi de Jack Dorsey (679 millions de dollars) et Dick Costolo (220 millions de dollars). Noah Glass, lui, ne gagnera presque rien.