Une famille américaine reçoit la visite de la police antiterroriste après avoir googlé «cocotte-minute» et «sac à dos»

ETATS-UNIS – Les autorités disent avoir été alertées par l'employeur d'un des conjoints...

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Une cocotte-minute et un sac à dos, deux objets utilisés dans l'attentat de Boston pour fabriquer la bombe et la transporter.

Une cocotte-minute et un sac à dos, deux objets utilisés dans l'attentat de Boston pour fabriquer la bombe et la transporter. — DR

Non, Big Brother n'a pas la capacité d'espionner en temps réel les recherches Internet de tous les citoyens américains. Si la police antiterroriste a bien rendu visite à une famille new-yorkaise, mercredi, à cause d'une série de recherches Google jugées suspectes, l'alerte a, selon les autorités, été donnée par l'employeur d'un des parents. Et pas par un programme automatique de surveillance de la NSA comme PRISM ou XKeyscore.

Le billet d'une blogueuse a fait grand bruit, jeudi. Michele Catalano raconte que six agents sont venus frapper à la porte de son domicile familial, la veille. Alors qu'elle était absente, la police a demandé à son mari s'il possédait une cocotte-minute et avait déjà fabriqué une bombe. Selon Catalano –qui n'était pas présente au moment des faits– la visite des autorités était liée à l'historique des recherches Google de sa famille au moment de l'attentat de Boston. «Ne faites pas une recherche sur des cocottes-minutes juste après que votre mari a cherché ''sac à dos'' si vous ne voulez pas voir le FBI à votre porte», a-t-elle tweeté.

Jeudi, le FBI a démenti, affirmant au Guardian qu'il n'était pas impliqué. Le bureau d'investigation a, en revanche, confirmé que des policiers locaux, du comté de Nassau, s'étaient bien rendus au domicile de la blogueuse.

Surveillance au travail, pas de Google

La police a clarifié la situation en fin de journée par communiqué: «Nous avons reçu une alerte d'une entreprise informatique de Bay Shore à propos de recherches Internet récemment effectuées par un employé sur son ordinateur de travail. L'ex-employé avait notamment recherché les termes ''cocotte-minute'' et ''sac à dos''» Les autorités ont donc interviewé l'employeur avant de se rendre au domicile des Catalano, où elles ont «déterminé que l'incident n'était pas de nature criminelle».

En plein milieu des révélations d'Edward Snowden sur le programme de surveillance de la NSA, l'épisode a agité les interwebs. Mais la surveillance de l'ordinateur d'un employé sur son lieu de travail est standard, la visite des autorités, quand elles reçoivent un tuyau, également.

Liste de mots dangereux

Reste une question: une recherche de termes sensibles, chez soi, peut-elle être interceptée par les autorités? Quid d'une discussion par email ou Skype? Officiellement, le renseignement américain peut surveiller l'activité Web d'un individu, mais uniquement sur ordre d'une cour spéciale de justice. Parallèlement, les posts publics sur les réseaux sociaux –comme cette photo de pétards sur le profil Facebook de la blogueuse– peuvent être passés au crible.

En mai dernier, les autorités avaient été forcées de publier une liste de plus de 300 mots-clés déclenchant des alertes. La NSA dément toutefois procéder à un monitoring en temps réel de tout le trafic Web, une opération qui nécessiterait des moyens colossaux et la collaboration active des câblo-opérateurs.

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