L'application Facebook pour Android.
L'application Facebook pour Android. - Alex Segre / Rex Featur/REX/SIPA

Vous aimez les pages «Sephora», «Harley Davidson» et «J’aime être une maman»? Désolés: vous n’êtes pas une lumière. Votre QI est en tout cas sans doute moins élevé que celui de vos voisins qui aiment les pages «Science», celle du film Le Parrain et même celle des «Curly Fries» (frites en forme de spirale, ndlr). C’est ce qu’affirme une étude réalisée sur un panel de 8.000 utilisateurs de Facebook et publiée lundi aux Etats-Unis. Des chercheurs de l’Université de Cambridge ont conçu des algorithmes permettant de déterminer des informations personnelles concernant les utilisateurs de Facebook, simplement à partir de l’observation de leurs «likes».

«Nous sommes capables de prédire la personnalité des utilisateurs avec une exactitude hallucinante», lance Michal Kosinski, le psychométricien qui a dirigé l’étude. La race, la religion et même l’orientation sexuelle ou la consommation de drogue peuvent être déterminés par ces algorithmes, assurent les chercheurs. Leurs modèles se sont avérés exacts à 82% pour identifier chrétiens et musulmans, et à 95% pour déterminer si l’utilisateur était un noir ou un blanc aux Etats-Unis, prétendent-ils.

«Dans de nombreux cas, l’algorithme réalise des liens qui ne sont pas évidents pour l’homme», expliquent les chercheurs. «Moins de 5% des utilisateurs que l’algorithme a identifiés comme gays avaient liké des sites explicitement gays. Des likes sur des pages comme celle de «Britney Spears» ou de «Desperate Housewives» étaient en revanche des indicateurs de l’orientation sexuelle», rapporte Live Science.

«Tout le monde collecte ces données»

Les chercheurs invitent à la prudence: «Tout le monde collecte ce même type de données, que ce soit Facebook, Google, votre banque ou les annonceurs qui vous suivent en ligne. Je suis persuadé qu’ils s’en servent d’abord à des fins commerciales, et non pas pour déterminer l’orientation sexuelle ou des choses aussi personnelles. Mais le problème, c’est que des gouvernements conservateurs bizarres (weird conservative governement, ndlr) pourraient le faire, et des personnes pourraient être menacées», affirme Kosinski, qui conclut: «Parce que j’adore Facebook, j’espère que cette étude amorcera une discussion sur le sujet, qui est préoccupant.»

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