Qwant, un petit Français sur le terrain de Google

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Publié le 17 février 2013.

WEB - Conçu en secret pendant deux ans, un moteur de recherche français appelé Qwant vient d'être lancé en version bêta, dans 15 langues et 35 pays...

Le pari paraît fou. Lancer un moteur de recherche dans un marché complètement dominé par Google. C’est pourtant celui que se sont lancé le financier Jean-Manuel Rozan, le spécialiste de la sécurité informatique Éric Leandri et la société Pertimm, qui développe des moteurs de recherche professionnels. Pendant deux ans, une équipe de vingt personnes, à 90% française, était secrètement mobilisée sur le projet. «Par modestie, pour attendre d’avoir quelque chose à montrer, et par prudence, ou paranoïa peut-être, car étant relativement petit, on ne voulait pas donner des idées aux autres!» explique à 20 Minutes son co-fondateur Jean-Manuel Rozan.

Détrôner le géant Google, Microsoft l’a tenté avec Bing. Avec le succès que l’on connaît… Comment une start-up peut-elle alors prétendre réussir? «A mon sens, ils essaient de faire la même chose que Google. Or faire la même chose que le meilleur, c’est le faire moins bien. L’approche de Qwant est totalement différente. Nous voulons montrer tout le Web sur un seul site.»

Le point de rencontre entre le Web et le Web social

L’interface comprend en effet quatre rubriques au sein desquelles l’internaute peut ensuite affiner sa recherche: Web, live, social et shopping.  «Web» donne des résultats de recherche classiques, «Live» donne ceux en rapport avec l’actualité, «Social» indique ce qui se raconte sur le sujet sur tous les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, Tumblr, Pinterest…) tandis que «Shopping» renvoie vers des produits en rapport avec le sujet. 

«Imaginez que vous allez à Bordeaux. Que vous tapiez Bordeaux aujourd’hui ou dans une semaine, Google vous donnera la même chose. Alors que s’il y a par exemple un match de foot, sur Qwant la rubrique «Live» vous en informe, vous dit quand un but est marqué, la rubrique «Social» vous montre tous les commentaires en temps réel sur le match…» détaille le co-fondateur.

«L’ami des réseaux sociaux»

«Aujourd’hui, Internet est organisé par les sociétés qui le dominent, et qui proposent des univers complets, mais mutuellement exclusifs. Google ne vous montre que ce que les gens disent sur Google+, puisqu’il ne veut pas donner du trafic à Facebook par exemple. De la même façon, Facebook ne va pas vous renvoyer vers Twitter. On considère que c’est une infraction à la liberté de l’internaute», poursuit Jean-Manuel Rozan. Lui dit vouloir «restaurer la liberté de tout voir en un clin d’œil» avec une approche «à la fois holistique et agnostique: on montre tout, et on n’a pas de préférence».

L’inclinaison sociale de Qwant est évidente. L’internaute peut se connecter sur le moteur de recherche via Facebook ou Twitter. En plus de la rubrique «Social» qui fait remonter les posts selon un système de ranking «prenant en compte la notoriété et l’influence», les «hot trends» de Twitter sont également accessibles depuis l’interface. «On se considère comme l’ami des réseaux sociaux. Qwant, c’est le point de rencontre entre le Web et le Web social», lance Jean-Manuel Rozan. Celui-ci tient d’ailleurs à présenter l’onglet «People» du site, qui focalise les recherches sur les personnes. «Il a une double fonction: vous informer sur une personne dont vous venez par exemple de voir apparaître un tweet, et vous montrer toutes les informations que vous laissez accessibles sur vous-mêmes via les réseaux sociaux, pour vous sensibiliser au contrôle de votre empreinte digitale», assure le financier.

Une version finalisée d’ici trois à six mois

Concurrencer Google, «tout» montrer sans préférence, sensibiliser au contrôle de l’empreinte digitale… La start-up ne manque pas d’ambition. Mais l’heure est pour l’instant à la communication. Combien d’internautes sauront ce qu’est Qwant, dans trois, six, neuf mois? «On est une toute petite société. L’objectif est de prouver que c’est crédible et de susciter l’adhésion. Nous n’avons aucun objectif quantitatif. On a choisi d’exister dans un univers immense. Allons-nous être minuscule, moyen, géant? Je n’en sais rien», répond le fondateur.

Pour s’agrandir, maintenant qu’il a créé la surprise en débarquant sans prévenir, Qwant attend «que le buzz s’installe tout seul». «C’est déjà le cas. Cette nuit, des centaines de personne ont cherché sur Qwant depuis les Etats-Unis. On n’a pourtant pas encore envoyé le communiqué de presse!» se réjouit Jean-Manuel Rozan. Un coup de pouce à ce buzz est tout de même prévu. Qwant a la possibilité d’envoyer une notification à toute personne dont le tweet, message Facebook ou autre est indexé. Un moyen efficace d’informer un maximum de personnes de l’arrivée de ce petit nouveau français, qui d’ici «trois à six mois» devrait être disponible en version finalisée.

Annabelle Laurent
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