Des nouveaux réglages présentés par Facebook le 23 août 2011.
Des nouveaux réglages présentés par Facebook le 23 août 2011. - DR

Que celui qui n’a jamais été gêné d’être «tagué» sur Facebook ose lever la main. Qu’elle ait lieu sur Instagram, Twitter, Facebook, Flickr ou d’autres réseaux sociaux, la publication des photos sur Internet soulève de nombreuses questions. En maîtrise-t-on assez la visibilité et la sécurité? Les paramètres de confidentialités sont-ils assez lisibles et accessibles? Pourquoi tague-t-on ses amis quand nous serions nous-mêmes embarrassés de l’être? «Comment partager sans se surexposer?» résume la Commission Nationale de l’Informatique et des libertés (Cnil). Elle présentait ce mercredi les résultats d’une étude commandée à TNS Sofres et réalisée du 13 au 20 novembre dernier.

Photographier pour publier

Première évidence: avec les réseaux sociaux, c’est la fonction même de la photo qui a changé. La photo-souvenir, prise pour soi, disparaît peu à peu.  La diffusion sur Internet devient une étape obligée. Plus d’un internaute sur deux (54%) prend une photo «d’abord dans le but de la publier». Le chiffre monte à 65% chez les 13-17 ans.  Quelque 58% des internautes disent publier des photos sur Internet, dont 86% chez les 18-24 ans. Du coup, difficile aujourd’hui de ne pas se retrouver en photo sur Internet. Un internaute sur deux (53%) est présent en photo sur la Toile. Chez les 18-24 ans, c’est à 86% qu’une recherche Google Images aboutit à une photo… 

Tague-moi si tu peux

Ces photos peuvent avoir été publiées par nous… ou par d’autres. Le second cas est évidemment plus problématique. Il n’est pas rare de découvrir une photo de soi publiée par un ami et dont on se serait pourtant bien passé. L’étude TNS Sofres souligne une ambivalence intéressante. Si 74% des internautes assurent demander l’avis des personnes qu’ils photographient, seuls 44% disent le faire systématiquement. «On perd 30 points, cela montre bien la zone de flou importante qui existe», souligne Edouard Lecerf, directeur général de TNS Sofres. Idem pour le tag. Soixante-huit pourcent déclarent demander l’avis des personnes qu’ils identifient, mais seuls 34% le font systématiquement, la plupart estimant avoir l’accord tacite de la personne taguée.

Le paradoxe du photographe

«Cela ne la dérangera pas», suppose-t-on.  Or 43% des internautes (61% chez les 18-24 ans) déclarent avoir déjà été gênés par la publication d’une photo. Ainsi, alors que nous faisons nous-mêmes l’expérience de nous retrouver en photo sans l’avoir souhaité, au moment de publier la photo d’un autre, l’envie de diffuser prime souvent. 

De la même manière, alors que 88% du panel estime que «toutes les photos ne peuvent pas être publiées», 25% a déjà publié une photo «pour se moquer gentiment d’une personne». «Les internautes affichent des principes et pratiquent probablement moins que ces principes», assure Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la Cnil. «Ils sentent confusément qu’il peut y avoir un problème sur la diffusion de photo, mais ça ne les empêche pas de continuer à publier comme des malades», poursuit-elle.

Un besoin de sécurité et de transparence

Autre sujet de préoccupation de la Cnil: les paramètres de visibilité des photos. En a-t-on la maîtrise quand nous publions nous-mêmes des photos? Seuls 1/3 des internautes interrogés disent bien les connaître, et parmi eux, seuls 39% les adaptent systématiquement, les autres évoquant l’oubli ou la difficulté d’accès. Enfin, même ceux qui les connaissent y font peu confiance (60%). Autant de raisons pour la Cnil de poursuivre l’éducation des troupes avec ses conseils de publication de photos. Et de proposer un «test du photographe». «Analogique, obturateur, sous-exposé, rafale, quel photographe êtes-vous?». Trouvez la réponse ici.

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