Des écrans connectés à Internet, Facebook.
Des écrans connectés à Internet, Facebook. - REUTERS/Valentin Flauraud

Philippe Berry

Non, il ne s'agit pas d'une idée piquée à l'UMP. Depuis lundi, un milliard d'utilisateurs de Facebook sont appelés à voter pour... supprimer le droit de vote instauré en 2009. Vous avez jusqu'au 10 décembre à 21h00 (heure française, midi en Californie) pour vous prononcer.

Les résultats seront annoncés le 11 décembre. Ils sont déjà connus: à une immense majorité, les votants vont s'opposer aux nouvelles propositions, qui prévoient de mettre un terme à l'expérience démocratique actuelle pour privilégier la pédagogie et un dialogue direct avec le responsable vie privée de Facebook. Mais parce que la participation sera largement inférieure aux 30% requis, le vote, selon les termes de 2009, n'aura aucune valeur. Et les changements seront adoptés par défaut.

Selon les règles de l'époque, tout changement recueillant au moins 7.000 commentaires devait automatiquement être soumis à un vote. Les billets en une dizaine de langues proposant les nouvelles règles ont reçu près de 90.000 commentaires, la plupart négatifs. Facebook y voit le signe d'un système qui n'est plus adapté: 7.000 commentaires est un seuil très bas, mais 30% de participation, un seuil trop haut.

Participation faible

Lundi soir, 12.000 personnes avaient voté, à près de 90% pour le non. En juin dernier, lors du précédent scrutin, 400.000 personnes s'étaient exprimées, soit un taux de participation de 0,0004%, à des années lumière du seuil des 30% arbitrairement fixé par Facebook.

Facebook profite du vote pour rappeler que contrairement au copier-coller contagieux de ces dernières semaines, les utilisateurs ont toujours été, et resteront, propriétaires de leurs publications. Ils accordent simplement un droit de licence à Facebook, qui peut notamment utiliser ces informations pour la publicité ciblée.

«Il a toujours été clair que les services que nous fournissons gratuitement le sont grâce aux publicités correspondant à vos centres d’intérêt que nous affichons, et que nous utilisons vos publications, notamment les Pages que vous aimez, pour mieux adapter ces publicité», écrit Facebook.

Le réseau reconnaît que toutes les informations sont utilisées, y compris certaines plus sensibles comme les opinions politiques ou religieuses. Mais tout est fait de manière anonyme, précise Facebook, comme le veut la norme de l'industrie et les lois en vigueur dans la plupart des pays. En clair, un publicitaire peut demander à toucher un «fan de science fiction, entre 18 et 35 ans qui aime Apple et check-in régulièrement à la Fnac», mais à aucun moment il ne sait qu'il s'agit de Jean Martin.

>> Rendez-vous mardi à 18h30 pour suivre en direct la séance de questions-réponses avec le responsable vie privée de Facebook