Un exemple de recherche Google avec le «graphe du savoir».
Un exemple de recherche Google avec le «graphe du savoir». - Google

Anaëlle Grondin

«La recherche sur Internet est en train de se transformer de manière radicale». Ben Gomes, vice-président en charge du moteur de recherche chez Google, présent à Paris cette semaine pour la conférence LeWeb, nous l’assure: «Le moteur de recherche comprend de mieux en mieux ce que demandent les internautes». Et pour le prouver, il s’apprête à annoncer officiellement l’arrivée en France du «graph du savoir» de Google, lancé aux Etats-Unis en mai dernier. 

Concrètement,  il s’agit d’un graphe des connaissances humaines classées en fiches, qui aide le moteur de recherche à proposer des réponses factuelles et pas seulement des liens vers des pages contenant des mots clés. Un nouveau panneau va apparaitre à droite des résultats des recherches avec des informations concernant des personnalités, des endroits ou des choses comme des monuments. Un exemple: en tapant Lady Gaga, une fiche apparaîtra avec quelques éléments biographiques, les concerts proches de chez vous à venir, sa discographie et même son dernier message publié sur Google+. Le moteur de recherche va aussi comprendre que «la Tour Eiffel n’est pas qu’un groupe de mots, c’est un monument, qui a une taille, un créateur, qui est situé à un endroit précis». Il affichera alors toutes ces données au même endroit, assure Ben Gomes. Vous vous intéressez à un astronaute? Vous pourrez savoir immédiatement combien de temps il a voyagé dans l’espace. Par ailleurs, l’outil suggestion de Google vous permettra de faire le tri parmi les homonymes pour vous diriger directement vers ce à quoi vous pensiez.

«Pour construire le moteur de recherche de demain, il faudra que les ordinateurs comprennent le monde comme vous et moi, confiait en mai dernier à 20 Minutes Amit Singhal, vice-président de Google. Là où ils ne voient pour l’instant qu’une succession de lettres, ils verront, comme nous, des ‘choses’, ce qu’on appelle des ‘entités’.» «C’est très complexe, car les internautes s’interrogent sur toutes sortes de choses, ça va jusqu’aux galaxies et aux étoiles», commente Ben Gomes. Avec le «graphe du savoir», il précise que Google a constitué une base de 500 millions d'entités et de 3,5 milliards de connexions entre chaque «nœud».

Les informations compilées par le moteur de recherches viennent de plusieurs bases de données, parmi lesquelles celle de Wikipedia. Au risque de cannibaliser le trafic de l’encyclopédie? «On ne fournit que quelques éléments essentiels», se défend Ben Gomes. «Ces données sont une porte d’entrée vers d’autres éléments du Web. Il y a un lien vers Wikipedia, avec qui nous nous entendons très bien.» Au contraire, le Googler est persuadé que les internautes exploreront encore plus la Toile.

Dans le futur, Google ambitionne de répondre à des questions beaucoup plus complexes, nous confie Ben Gomes, comme «Où puis-je assister à un concert couvert de Lady Gaga?» et «Où puis-je trouver un musée qui ait un restaurant végétarien?». Google pourrait aussi répondre à des questions orales. Comme son collègue Amit Singhal, Ben Gomes ne rêve que d’une chose: parvenir à construire un jour l’ordinateur de Star Trek.