De notre correspondant à Los Angeles

Cela faisait longtemps –depuis Pinterest et Path– qu'un réseau social n'avait pas autant fait parler de lui dans ses premières semaines. Le nom du petit dernier: Pheed. Lancé en mode sous-marin mi-août, il veut désormais passer à l'assaut du grand public, et surtout des célébrités.

Sur Pheed, on peut partager des posts (420 caractères, trois fois plus que Twitter), des photos, des vidéos, de la musique ou encore un événement live. La différence avec Facebook: ces contenus peuvent être monétisés.

Par abonnement ou à l'unité

En rejoignant le réseau, on choisit entre deux options: créer une chaîne gratuite ou payante. Parmi la cinquantaine de pheeders célèbres, seuls David Guetta et Chris Brown ont pour l'instant choisi le payant (4,99 dollars et 2,99 dollars par mois respectivement). Paris Hilton, elle, s'adresse à ses fans gratuitement. Son dernier pheed: une vidéo de ses aventures sous-marines à Hawaii.

Les évènements live (concert, stand up, chat) peuvent, eux, se payer à l'unité, de 1,99 à 34,99 dollars. Le ratio actuel du partage des revenus est de 50/50 entre Pheed et l'utilisateur.

Financement indépendant

S'il semble compliqué pour un utilisateur lambda de convaincre ses followers de payer, plusieurs expériences ont montré que les internautes étaient prêts à mettre la main à la poche pour des contenus exclusifs. En décembre dernier, le comique Louis CK a gagné 1 million de dollars en 15 jours en proposant sur son site Internet un spectacle exclusif à 4,99 dollars.

Pheed n'en est qu'à ses balbutiements (l'app iPhone devrait débarquer la semaine prochaine). Son créateur, O.D. Kobo, et une équipe de six personnes ont investi 2,5 millions de dollars de leurs propres deniers. Ils pilotent le site depuis la «Pheed House», qui n'est pas basée dans la Silicon Valley mais à Los Angeles, sur Mulholland Drive. Selon Kobo, la «masse critique» permettant à Pheed de décoller se situe à 10 millions d'utilisateurs. Si le site y parvient, il disposera d'un atout majeur face à la concurrence: un business plan.

Seriez-vous prêts à payer 2 ou 3 euros par mois pour suivre votre artiste préféré s'il publie des contenus exclusifs? Ou préférez-vous un paiement à l'unité au cas par cas?