Des écrans connectés à Internet, Facebook.
Des écrans connectés à Internet, Facebook. - REUTERS/Valentin Flauraud

Philippe Berry

Les semaines passent et se ressemblent pour Facebook. Jeudi, alors que le réseau a fêté la barre du milliard d'utilisateurs actifs, il a dû clarifier une pratique qui flirte avec la ligne jaune de la vie privée, sans véritablement la franchir.

Il y a deux jours, la startup polonaise Killswitch.me a posté une vidéo sur le site HackerNews montrant un phénomène étrange: envoyer l'adresse d'un site à un ami par message privé augmente de deux le nombre de «like» de ce lien.

Jeudi, Facebook a finalement livré cette explication au site The Next Web: «Nous avons récemment trouvé un bug dans nos plugins sociaux. Parfois le compte du nombre de partages et de likes augmente de +2. Nous sommes en train de corriger le problème. Pour être clair, cela affecte simplement les plugins en dehors de Facebook et pas les Pages officielles sur le réseau».

Outils d'analytique

Perdus? Voici la traduction pour le commun des mortels. Un site peut greffer des bouts de Facebook à son code. Cela lui permet de mesurer certaines activités des visiteurs. Ces boutons («like», «recommander», «articles lus par vos amis» etc) sont indépendant des Pages Facebook officielles (comme celle de 20 Minutes), elles, destinées aux «fans» d'un site ou d'une marque.

Facebook fournit par ailleurs aux administrateurs des outils d'analytique affichant un compteur du nombre de «likes».  Le bug, ce n'est pas que les messages privés soient surveillés mais que les liens envoyés ajoutent deux likes au lieu d'un seul.

Des messages passés au crible

Ce qui dérange, ce n'est pas que les messages soient analysés. Google fait pareil avec Gmail pour afficher des pubs pertinentes en repérant des mots clés. On savait encore que Facebook, comme de nombreux réseaux sociaux, disposent d'outils pour repérer des activités criminelles, notamment afin de lutter contre la pédophilie. Ce monitoring est réalisé par des algorithmes automatisés sans intervention humaine (sauf quand il s'agit de prévenir les forces de l'ordre).

Mais ce qui gêne dans cette affaire, c'est que Facebook analyse des liens partagés dans des messages privés pour un impact public. Il est, certes, anonyme, mais absolument sans pertinence. On peut échanger un lien en disant «c'est le pire site que j'aie jamais vu», et Facebook va malgré tout compter «like+1».

La page destinée aux développeurs l'explique bien: «le chiffre montré sur le bouton like est la somme:

  • du nombre de likes de l'adresse
  • du nombre de partages de l'adresse, notamment des copiés/collés du lien sur Facebook
  • du nombre de likes et de commentaires sur des articles publiés sur Facebook concernant cette adresse
  • du nombre de messages privés contenant cette URL en pièce jointe.»

Par cette définition, le terme «like» (aimer) est plutôt mal choisi. Au final, Facebook mesure surtout la quantité de bruit.