L'application Facebook Mobile sur un smartphone fonctionnant sous Android.
L'application Facebook Mobile sur un smartphone fonctionnant sous Android. - Alex Segre / Rex /SIPA

Annabelle Laurent

Atteinte à la vie privée, failles de sécurité… Facebook est désormais habitué à être accusé de tous les maux. Mais Mark Zuckerberg ne s’attendait sans doute pas à cette étude menée par des chercheurs des universités de Columbia et de Pittsburgh, qui paraîtra bientôt, et dont Elizabeth Bernstein du Wall Street Journal révèle les conclusions.

Accro à Facebook, accro aux pépites de chocolat

Ces chercheurs ont étudié les habitudes d’un groupe de personnes ayant un usage intensif de Facebook. Leur conclusion: ceux qui passent le plus de temps sur le réseau social et y ont un fort pourcentage de «vrais amis» ont tendance à moins faire attention à leur alimentation («tend to binge eating», ndlr), ont un indice de masse corporelle plus élevé, et ont plus tendance à avoir leur compte bancaire à découvert. 

Une seconde étude aboutit à la conclusion que des personnes ayant consulté leur compte Facebook pendant 5 minutes (en y ayant, là encore, de «vrais amis») ont plus de chances de choisir un cookie aux pépites de chocolat qu’une barre de céréales pour leur goûter…

Enfin, dans une troisième étude, au cours de laquelle les chercheurs ont donné à un groupe une série d’anagrammes impossibles à résoudre ainsi que des tests de QI à effectuer en temps limité, les utilisateurs intensifs de Facebook étaient les plus rapides à abandonner. 

Plus de confiance, moins de maîtrise de soi

Donc, pour résumer: un accro à Facebook se gave au goûter, se lâche sur ses dépenses, et abandonne face à l’effort. Autrement dit, il contrôle moins ses impulsions: c’est ce que concluent les chercheurs, selon lesquels le réseau social réduit la maîtrise de soi.

Leur explication: le réseau social tend à booster notre estime de soi, puisqu’on s’y met en scène de la façon la plus valorisante qui soit, en choisissant la photo de profil où l’on est beau et bronzé, en racontant dans ses statuts ses exploits plutôt que ses échecs, et en obtenant en prime des encouragements via les «likes» d’amis. Plus l’estime de soi est forte, plus on est en confiance, moins on se contrôle. Les chercheurs comparent ce type de comportement à celui des personnes alcooliques…

Si la journaliste du Wall Street Journal s’est intéressée à l’étude, c’était au départ pour comprendre «pourquoi les gens sont si méchants sur Internet». La fameuse explication de l’anonymat ne valant pas sur Facebook, cette tendance au «laisser-aller» analysée par les chercheurs y est peut-être pour quelque chose, suggère Elizabeth Bernstein.