Vos questions sur les européennes dans toute l'Europe

14 contributions
Publié le 9 juin 2009.

VOUS AVEZ INTERVIEWÉ - Jean-Michel De Waele, le professeur en sciences politiques à l'Université Libre de Bruxelles...

Après Vincent Tiberj lundi, c'est Jean-Michel De Waele, professeur en sciences politiques à l'Université Libre de Bruxelles et directeur du CEVIPOL (Centre d'étude de la vie politique) qui vous a répondu. Il a écrit «Les démocraties européennes» (Armand Colin) et bien d'autres livres sur l'Europe.

Ses dernières réponses:

Ne pensez-vous pas que l'on devrait alléger les structures gouvernementales nationales vu que l'Europe dicte 80 pour cent des lois des nations?
Pigi
Il faudrait repenser un projet européen, plus ambitieux; mais diminuer le poids du national va être difficile dans cette époque de repli sur soi, de crainte et de peur. Je pense qu’il faut à la fois démocratiser l’Europe, simplifier les institutions. Il faut un meilleur équilibre entre les différents niveaux de pouvoir.

Le PPE n'a pas la majorité à lui tout seul! Peut-il se passer d'alliance pour faire voter pour Barroso? Les verts peuvent-ils faire échouer le PPE?
leptitom

Il devra trouver des alliés en effet. Beaucoup dépend de savoir d’une part si une dynamique anti-Barroso peut se mettre en place; si un autre candidat peut émerger, si le PSE reste uni; les autres groupes risquent de se diviser sur la question. Les jeux ne sont pas faits mais la victoire de la droite aide bien Barroso.

Ne pensez-vous pas que la construction de l'Europe à marche forcée a écoeuré certains qui ont compris que l'intégration des pays plus à l'est n'avait pour seul but que de les éloigner de l'influence de la Russie.
Pigi
Je pense qu’on a mal expliqué ces élargissements. On oublie aussi de dire tout ce qu’ils ont apporté à nos pays en terme économique. Les nouveaux états membres servent de bouc émissaire facile. Ils sont les plus pauvres, les plus faibles. C’est trop facile de leur taper dessus. A 15, ça ne marchait pas beaucoup mieux! A Nice avant l’élargissement on a eu l’occasion d’approfondir! Mais les gouvernements n’en ont pas voulu. Seuls les petit Belges et les Luxembourgeois plaidaient pour une réforme avant l’élargissement. C’est donc surtout la faute des 15.

Comment se fait-il que l'Italie, un pays civilisé et cultivé, continue à voter pour un mafieux lubrique?
Polo
Je pense qu’il faudrait un autre chat pour discuter de la situation en Italie : -) Il y a beaucoup de raison pour expliquer le Phénomène Berlusconi. Pas moyen ici de se lancer là-de
dans désolé.

Si les personnes n'entendent parler que peu de l'Europe, c'est aussi le choix des éditoriaux des journaux et le choix des hommes (et femmes) politiques: 80% des lois appliquées en France sont décidées a Bruxelles. Pas étonnant que l'on puisse se faire avoir en beauté et avec le sourire par des fonctionnaires européens non élus car en définitive des lois sont validées par défaut en 5 minutes alors que des projets sont élaborés pendant des mois avec des coût élevés de fonctionnement de cette administration. Comment faire pour que ça change?
Larchi
Je pense qu’il faut simplifier les institutions. Il faut aussi que les responsables politiques nationaux cessent de se servir de l’Europe comme bouc émissaire de tous leurs échecs. Il fat aussi que les médias donnent de la place au quotidien à L’Europe, aux votes très important au Parlement européen. Mais il faut dire aussi: Oui 80% des lois appliquées en France sont voté par l’Europe mais pour il faut qu’elles aient obtenu l’accord des Etats Il ne faut pas l’oublier. Il est trop facile de dénoncer en France l’Europe alors que le gouvernement français en conseil ne s’est pas opposé à cette mesure!

Avec près de 60% d'abstention pour moi ce vote ne veut rien dire et ne représente rien du tout. Ce n'est pas le cas?
Deldamo
Je vous accorde qu’une abstention massive pose des questions de légitimité. Mais il y a de nombreuses élections – par exemple locales- ou les gens ne vont pas voter. Il est difficile de fixer un taux minimal 50 %? 60%? 40%? A titre personnel et habitant en Belgique où c’est le cas je suis pour le droit de vote OBLIGATOIRE. Je pense que les citoyens ont des droits et des obligations. On accepte une série d’obligations (carte d’identité, permis de pêche...). Pourquoi ne pas considérer que voter est une obligation (avec le droit de voter blanc bien entendu)?

Bonjour, pensez-vous que cette élection marque la fin du Mouvement de Juin (Junibevægelsen, parti eurosceptique) au Danemark?
Monsieur Masure
Je pense en effet que les choses sont en train de bouger au Danemark. Les préoccupations évoluent et ce mouvement assez disparate rencontre des difficultés pour s’adapter aux nouvelles évolutions.

Un constat malheureux s'impose aujourd'hui: le désintérêt toujours plus grandissant pour la chose politique. Ma question: pourquoi les élus du peuple perdent-ils si rapidement le sens de la réalité et le sens des valeurs humaines? Merci à vous et mes amitiés à la Belgique.
Lanchois

Merci pour le signe d’amitié envers la Belgique. Je pense que cela dépend beaucoup de pays à pays. La participation ne recule pas quand il y a des enjeux politiques clairs. Au niveau européen, le problème est que les partis politiques ne prennent pas eux même au sérieux ces élections. Pourquoi les citoyens devraient être plus civiques? Enfin, il est difficile de rester proche de la réalité en étant au pouvoir. C’est possible et dans certains pays, on y arrive pas trop mal. Mas pour cela il faut des organisations sociales intermédiaires fortes et très implantés dans la société. Ce n’est pas du tout le cas en France. Ces courriers de transmission entre la base et le somm
et sont faibles dans votre pays (syndicats, partis etc.). Cela coupe les pouvoirs de la société.

Comment les élections ont-elle été vécues en Turquie?
Charles
Cela dépend de qui on parle car la société turque et les élites sont divisées sur cette question. Je pense que les pro-européens, les modernisateurs, les démocrates Turcs vivent mal l’attitude de l’Europe à leur égard. Cela les mets en difficulté au niveau interne. C’est toujours difficile pour un Etat de se voire rejeter, de voir qu’on ne croit pas en ses capacités d’évolution. Ceux qui refusent cette perspective ont de bons arguments pour ne pas continuer les négociations ou ne pas avancer dans les réformes.

La montée des nationalismes ne marque-t-elle pas une envie de
baisse des pouvoirs de l'Europe?
Charlot
Il faut s’entendre sur la montée des nationalismes. Je ne suis pas certain qu’on puisse parler de «monter des nationalismes». Il y a un malaise envers la construction européenne qui est vécue comme une partie de la mondialisation. Ce n’est pas un mouvement univoque. Il y a un double mouvement. D’une part une volonté d’ancrage local ou national plus important pour se prémunir des risques de la mondialisation et d’autre part une ouverture au monde. Il y a des identités multiples et contradictoires. Cela réorganise le débat.
 
L'Europe se construit lentement et fait parfois de bonnes choses tant pour les êtres humains que pour la nature. Moi, je veux parler de la création de petites entreprises en France qui se targue de faciliter leur création et pourtant, dans le domaine agricole, en Dordogne, la subvention européenne de 20000 euros attribuée à mon mari comme ayant le meilleur projet de création d'une exploitation de poules pondeuses biologiques dort à la Direction Départementale d'Agriculture et de la Forêt et on nous la refuse. Une subvention est normalement attribuée pour pouvoir faire des travaux, les producteurs de lait la touchent sans justificatifs, et on dit à mon mari de présenter les factures payées, après, la DDAF nous donnera la subvention. Est-ce normal qu'elle s'accapare ainsi du bien européen?
naguima
Je ne suis pas spécialiste de ce genre de dossier mais il illustre à merveille, les difficultés de trouver les procédures efficaces pour aider les projets.  Je comprends donc votre déception. Mais il faut aussi tenir compte de la complexité de la construction européenne. Il s’agit souvent de dossiers très techniques et il y a 27 états avec beaucoup de différences, de traditions administratives différentes. Il faut du temps pour harmoniser tout cela.  Mais surtout ce que vous écrivez un problème pour l’administration française, pas pour les institutions européennes.


Le chat est fini. Vincent Tiberj a aussi répondu à vos questions sur le bilan en France, cliquez ici pour les lire...

Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

C´est commenté
  • larchi 9.6.2009 - 10h07

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr