VOUS INTERVIEWEZ - Christian Lehmann vous a répondu...
Christian Lehmann,
blogueur sur 20minutes.fr et médecin militant sort «Sarkolangue» (Ramsay), un livre
qui revient sur un an de présidence et veut «prendre le Président et son clan au piège de leurs propres mensonges». Il vous a répondu en direct:
bbolemaster | 28.05.2008 - 16h19
Pourquoi la gauche française ne rétorque-t-elle pas aux annonces de NS? serait-elle d'accords avec lui ou le regarde-t-il s'échouer pour mieux prendre sa place?
La gauche française est dans un état dramatique, entre doutes sur la ligne à suivre, désespérance de nombreux militants, vraie crise sociale qui se profile, et appétits personnels de quelques cadors très très éloignés des conditions de vie des Français. Sans citer longuement Tolkien dans le Seigneur des Anneaux, à propos des Elfes: il n'est pas nécessaire d'espérer pour résister.
roger | 28.05.2008 - 15h57
On vient d'apprendre que la mere d'un enfant acteur du film «Entre les murs» qui a eu la palme d'or a Cannes vient d'etre régularisée par les services de notre président bien aimé. snif...que c'est emouvant....trooooooooon....il faut que je me mouche, tiens.
C'est le côté humain de Brice Hortefeux qui le rend si touchant. Un peu comme le chat dans Shrek , vous ne trouvez pas? ;-)
bbda8d9 | 28.05.2008 - 15h57
Ce monsieur est tellement plein de haine qu'il n'entend pas combien il est à la mode, critiquer , rabaisser , caricaturer , présenter sarkozy comme un monstre est un job super , méga lucratif ! vu le nombre de livres qui veulent nous obliger à détester l'homme sarkozy , le considérer comme le diable en personne et le fautif de tout les maux de france , du monde , de l'univers ! tout ce qui ne va pas c'est la faute à sarko ! sarko c'est juste un être humain , un monsieur tout le monde qui a réussi par lui-même et qui veut essayé de stopper l'hémoragie de la france , il a été choisi parcequ'en face y'avait lepen, besancenot, buffet, royal et autres farfelus , il fut le meilleur choix parmi ces candidats ! pourquoi ce monsieur docteur, écrivain chanteur journaliste , caricaturiste maire ps , qui enrichit son compte en banque en tapant sur sarko ne s'est)il donc pas présenter ?? peur de ne receuillir que 0?01% des suffrages des français ? c'est trop facile!
«Docteur, écrivain chanteur journaliste , caricaturiste maire ps» Tout ça? la différence entre vous et moi, c'est qu'avant d'écrire, je vérifie mes sources ;-). Ceci dit, un ami vous a répondu à ma place, apparemment.
ymaubiere | 28.05.2008 - 09h12
Je n'ai qu'une seule question! que dois-je dire a mes enfants quant-ils traitent quelqu'un de pauvre con et que je les dispute et qu'ils me répondent , mais papas,c'est autorisé, le président le dit bien lui!
"Mes chéris, ne commencez pas comme ça, sinon vous finirez comme lui..."
SARKOOL | 27.05.2008 - 16h50
Vous avez Mr Christian L , le mérite d'éclairer le troupeau égaré( ils sont nombreux....lire les commentaires), sur la manipulation mentale dont ils font l'objet depuis plus d'un an......
Je ne me considère pas comme un berger, ni les Français comme un troupeau ( pas assez gaulliste pour ça ;-). Ceci dit, c'est comme l'arrêt du tabac: vous ne pouvez tenter de proposer un sevrage que quand les gens sont prêts... ;-))
leane | 28.05.2008 - 15h33
Ne pensez-vous pas qu'on est dans un régime qui se dirige vers une dictature de manière très insidieuse?
Je ne sais pas. Je l'ai craint. Je crois que le pouvoir bétonne au maximum en ce moment, avec ses scènes incroyables où policiers ou CRS confisquent illégalement des journaux, des affiches, des tracts. Il faut pour l'entourage de courtisans apeurés continuer à entretenir l'illusion que semble encore vivre NS, que si les sondages sont mauvais, c'est à cause des vilains journalistes, et pas parce qu'une majorité de Français, écoeurés ou honteux, réalisent enfin à quel point ils ont été trompés. SARKOLANGUE est une tentative, que j'espère réussie, d'expliquer comment cette imposture a eu lieu, afin de la combattre plus efficacement, dans un monde où chaque nouvelle info efface la précédente. Au-delà des anecdotes, dont certains sont très drôles, SARKOLANGUE décrypte une manière de gouverner par le mensonge.
dédé | 28.05.2008 - 09h22
D'un côté vous êtes un militant anti sarko (comme avec ce livre) et de l'autre un médecin militant contre les franchines et pour la sécu. Le premier militant ne décridibilise-t-il pas le deuxième? Comment croire en l'objectivité des arguments du deuxième devant l'énormité de ceux du premier?
Vous savez quoi, dédé? Je ne suis pas un militant anti sarko. Vous voulez que j'en rajoute: je me fous de NS comme de l'an 40. Je suis médecin, romancier, j'ai la chance de gagner correctement ma vie. Dans la France que nous propose NS, j'ai tout à gagner: moins d'impôts, plus d'argent, moins de redistribution. c'est le pari thatchérien: décrochez le wagon de queue, larguez les "assistés", les chômeurs, les malades, les étrangers, les handicapés, les retraités, et le train ira plus vite, vous vous enrichirez plus aisément. C'est un choix, dédé, que moi je ne me résouds pas à faire, ça a à voir, sans doute, avec une certaine idée du vivre-ensemble.
Maintenant, passé les imprécations, je suis prêt à discuter de "l'énormité de mes arguments", lorsque je ne fais que citer et révéler ceux de NS.
francogrec | 28.05.2008 - 15h59
Avez-vous d'autres rdv médiatiques (TV, radio, PQN, PQR) pour faire la promotion de votre livre ou très peu ?
C'est mon vingtième livre ;-)
Les chose se font ou ne se font pas, et se font plus ou moins vite, cela dépend beaucoup, vous savez, des lecteurs, du bouche-à-oreille. Il n'y pas que les média, même si c'est important. Demain à 11 heures, je suis sur BFM Radio, des articles sont prévus dans la presse écrite, j'interviens en province, en région parisienne... Vous n'avez pas, je crois, fini d'entendre parler de la SARKOLANGUE ;-). Lisez-le, il est bon de rire parfois, surtout si c'est un rire de résistance.
kyf | 28.05.2008 - 15h57
Merci Christian d'avoir répondu à nos questions. Force est de constater que vous partagez le point de vue de la majorité des français aujourd'hui, et de la majorité des electeurs je l'espère. C'est un plaisir d'avoir pu echanger avec vous. Si vous deviez dire un mot à ceux qui continuent de croire que sarko oeuvre pour les français, qui continue de boire son sarkolangage comme l'évangile, que leur diriez vous, si ce n'est d'acheter votre livre ^^?
Franchement ;-))) ?: "Je vous plains. Longtemps j'ai eu de la colère contre vous, mais maintenant, au stade de déliquescence où nous en sommes, je vous plains."
francogrec | 28.05.2008 - 15h46
putain, mais il déchire sa race ce monsieur, me plaît bien l'animal je crois que je vais acheter son livre :)
Ne vous gênez pas ;-))))))
nikolas | 28.05.2008 - 14h18
Préface: SARKO A RUNGIS: dans cette agora d’informations, nous retrouvons pèle mêle les même sujets un peu partout…pendant ce temps, F.Fillon s'est rendu au Pérou, remplaçant au pied levé le JetSeteur Texte : Pourquoi le petit président se lève tôt, redevient il un candidat ?? y a t il des élections prochaines ?? un référendum sur la constitution ??.. FAUX, FAUX et FAUX tout ceci est un mensonge !!! La France manifeste dans les rues pour diverses raisons et ce petit Couche Tard (les deux JetSeteurs, n’ont pas dormi de la nuit) visite les halles de Rungis pour prendre le traditionnel petit-déjeuner , en vérité, c'était pas mieux la soupe à l'oignon... Qu'a t il fait toute la nuit avec Carla dans le département de l'Essonne ou ailleurs ?? chez des amis de la JetSet? Enfin encore une fois, on nous fait croire n'importe quoi de bon matin et les médias complices de cette sortie nocturne nous diffusent des photos, des reportages et des communiqués mensongers, remarquez sur la photo à Rungis, les yeux blancs et fadent, d’une nuit sans dormir !!! .. La propagande est un moyen pour endormir et calmer le peuple, la machine Sarko l’utilise pour ses fins politiques, eh oui, en ce moment, nous parlons énormément de la Gauche, de Ségolène Royal…
J'ai particulièrement apprécié la saveur de cette sarkonnerie d'hier matin, dans laquelle NS affirmait être venu à RTL pour parler "à la France qui se lève tôt, ne casse pas les Abribus, ne manifeste pas…" L'amalgame entre les vandales d'Abribus et ceux qui manifestent pour sauvegarder le modèle social dit bien par qui nous sommes gouvernés, et l'indignité du personnage.
kafize | 28.05.2008 - 15h32
Moi je dis que depuis que NS est au pouvoir, il n'arrange rien,au contraire tout empire: on nous force à faire n'importe quel travail (Bac+3 Mécanique) je suis obligé de faire de la manutention pour pouvoir vivre, le diesel qui a flambé comme jamais alors que le pouvoir d'achat est médiocre!!! et les taxe par ci et par là, quelle M....e, mais où va la France! bientôt il faudra partir...
J'entends votre désespoir, je n'ai pas de réponse. J'étais devant la CPAM d'Evry l'autre jour, contre les franchises, et une jeune femme vient écrire ceci: "Quand on a 23 ans, qu'on est étudiante et qu'on se nourrit grâce au Secours Populaire, je trouve que les franchises sont vraiment injustes". La France de Nicolas, La France d'Après que nous ont vendu les bronzés communicants de NS, elle a cette gueule-là, au final.
kyf | 28.05.2008 - 15h36
Vous parlez de $arkolangue depuis le débur, bon c'est le titre de votre bouquin, mais ne peut-on pas simplement utiliser le terme de propagande? Quel est son véritable but à ce pantin du CAC40 et du Medef?
Je le redis, kyf, la propagande c'est autre chose. Relisez la "définition" que je donne de la SARKOLANGUE: capacité de démentir formellement le lendemain ce que l'on affirmait la veille. cela va beaucoup plus loin que la propagande, cela induit chez l'auditeur une vraie angoisse déstabilisante, qui permet de faire taire l'opposition ( certes pas très gaillarde) et de légitimer le discours sur l'ordre. C'est une découverte pour moi, vous savez, je n'écris pas un livre pour asséner des théories, mais parce qu'une question se pose à moi et que je cherche à la résoudre, même imparfaitement, à la comprendre en tout cas. C'est le cas dans les romans ( où la question porte souvent sur la nature humaine) et dans les essais, dont celui-ci.
casual13 | 28.05.2008 - 15h38
Mais Royal aussi a tenté d'incarner l'image de la rupture et du renouveau, c'est bien pour cela qu'elle a fini candidate du PS. Le refrain du renouvellement est finalement ressassé a pratiquement chaque élection, je ne vois donc pas de changement. Il me semble plutôt que NS, qui a tenu un véritable discours de droite durant sa campagne- même s'il n'applique pas un dixième de ses engagements- paie les conséquences de cette position. Et ses adversaires l'attaquent non pas sur le terrain de ses idées, mais sur celui de la com' et de sa personnalité (et la, évidemment qu'il y a matière). N'est-ce pas de votre part une manière d'échapper au véritable débat, qui est idéologique ( et je ne doute pas que vous adoreriez y plonger)?
Je vous assure que le débat est un débat d'idées. Mon analyse est cependant radicalement différente de la vôtre. Pendant la campagne, la com a remplacé les idées, NS aurait dû, comme je l'écris dans le livre, se voir décerné le César de l'Interprétation, et Henri Guaino le César de la Mise en Scène. Au lieux de quoi nous 'lavons élu pour cinq ans aux plus hautes fonctions, des fonctions qu'il est incapable d'assumer, lui qui fustigeait l'immobilisme de ses prédécesseurs. Et sur le fond des idées, comme je l'analyse en reprenant ses discours mais aussi les éclairages de Yasmina Reza et du directeur de cabinet de Villepin, Bruno Le Maire, le vrai problème de l'élection est la manière dont la SARKOLANGUE a été utilisée pour tenir un discours de droite humaniste gaullien pour masquer une brutalité sociale destructrice du pacte de 45, quasi-exclusivement tournée vers les intérêts des plus riches.
Amoonlight | 28.05.2008 - 11h16
Sarkozy disait qu'il serait Président de TOUS les Francais, et du Pouvoir d'achat... qu'en pensez vous?
Apparemment la même chose que vous ;-)
Le propre de NS, c'est la capacité à dire tout et son contraire. Sur la question que vous posez, une réponse: NS avait le choix de taxer les malades avec ses franchises, ou de taxer les stock-options. dans le premier cas, il s'agit d'aller chercher 850 millions d'euros en menue monnaie dans la poche des plus faibles, dans le second, 4.5 milliard d'euros dans la poche des mieux lotis. Quelle solution ont choisi NS et son clan?
pp81159 | 28.05.2008 - 09h59
Peut on m'expliquer pourquoi depuis un certain temps plus aucun sondage ne parait sur la côte de popularité de cet hyper président. La censure gagne t elle du terrain?
Je ne sais pas. Je ne crois pas. Je pense que le clan sarkozyste et les journaux appartenant à ses amis nous ont abreuvé de sondages tant que le Président était au zénith. Maintenant qu'un nombre grandissant de Français a ouvert les yeux, les sondages, durablement catastrophiques, se font plus rares, et confirment que la SARKOLANGUE dure un temps. Citons Abraham Lincoln: "On peut mentir à certaines personnes tout le temps, on peut mentir à tout le monde un certain temps, mais on ne peut pas mentir à tout le monde tout le temps."
kyf | 28.05.2008 - 11h25
Le gouvernement nous balance que des résultats seront visibles dans 4 ans, hors en 1 an on peut quand même s'apercevoir que la situation c'est fortement dégradée, tant au niveau du pouvoir d'achat qu'au niveau du service rendu au public. Tout n'est pas de sa faute, même s'il a dit qu'il était le président du pouvoir d'achat, mais ne peut-il pas au moins oeuvrer pour aider "son" peuple à supporter la hausse du pétrole par exemple et des matières premières en général, plutôt que de nous dire qu'il va falloir s'attendre à des jours pires encore? La hausse des prix entraîne une hausse de revenu pour l'état qui fait plus de résultat sur la TVA non? Qu'est-ce qui lui en coûte de réinstaurer une TIPP variable pour que TOUS les foyers en profitent plutôt que de dire qu'il récupèrera la plus-value pour la refiler aux plus pauvres? Est-ce pour continuer de diviser pour mieux régner, afin de retourner la classe moyenne contre ces "salops de pauvres et d'assistés qui se la coulent douce avec nos impôts"? Un grand mouvement anti-gouvernemental peut-il être envisageable à ce jour, genre 1968? Les français sont-ils prêts à descendre dans la rue?
Beaucoup de questions en une. Beaucoup de questions qui mériteraient d'être débattues en une... Nouvelle utilisation de la SARKOLANGUE, cette façon de dire: "En un an nous avons réussi à aggraver la situation, patientez encore quatre ans et vous verrez les vrais progrès!". C'est le pendant de "Nous avons perdu les municipales parce que les Français veulent que... nous accélérions le train des réformes -lire "régressions sociales"-". Les seules personnes que je connais, qui croient à ces balivernes pondues par les bronzés communicants de NS payés à prix d'or, ce sont des personnes âgées accablées de découvrir le vrai NS, et qui cherchent un peu pathétiquement parfois à se persuader qu'elles ne se sont pas tirées une balle dans le pied avec l'homme des franchises sur les soins... et du reste.
toumaïsoulmate | 28.05.2008 - 15h17
Pour avoir vu certaines réactions de "rejet" dés que les gens voient la tête de N.Sarkozy sur ta couverture (ou autre), on voit que leur lassitude concernant le sujet est flagrante... ils n'ont presque plus envie d'y réflechir encore, pour certains, tellement ils ont ce que tu as bien défini comme ta propre réluctance il y a quelques mois. Que pourrais-tu dire pour les pousser à te lire?
Que pour résister, il faut passer outre la première réaction quasi-viscérale de rejet, et chercher à comprendre comment l'imposture a eu lieu. la décrypter, c'est s'en défaire, pouvoir ensuite la combattre, en tout cas ne plus la subir. c'est ce que j'explique en début du livre. Extrait:
"Pendant quatre mois, je n’ai pas écrit une ligne sur la situation politique et morale inédite dans laquelle nous nous trouvions. C’était au-dessus de mes forces. D’autres, dès l’annonce de l’élection de Sarkozy, s’y étaient attelés, l’une décortiquant la nuit du Fouquet’s, les autres suivant jour après jour la mise en place du gouvernement et ses premières mesures, pour mieux analyser au quotidien le détricotage de notre patrimoine social. Moi, j’en étais incapable. Et c’est cette incapacité, paradoxalement, qui m’a amené à avancer dans le décryptage de ce que le sarkozysme représentait pour moi de totalement inédit. Car non seulement me trouvais-je impuissant à commenter la valse à mille temps des nominations, des annonces fracassantes, des débauchages individuels sous couvert d’ouverture, mais j’en étais arrivé à ne plus même supporter d’y être confronté jour après jour, heure après heure.
Le matin, je me glissais dans le bain, et ma main s’immobilisait à quelques centimètres du bouton de la radio perchée sur le rebord de la baignoire. Ce geste machinal, que j’avais répété sans même y penser des milliers de fois, se heurtait maintenant à une résistance inconsciente. Je n’aurais pas même pu dire, au début, pourquoi j’allumais la radio avec tant de réluctance. Je savais bien qu’il était élu, je savais bien que nous en avions pris pour au moins cinq ans, et qu’il fallait s’y faire. Je savais même que personnellement je n’avais rien à perdre à la situation. Je faisais partie du clan des nantis, la seule analyse dépassionnée de ma situation financière aurait dû m’amener à une conclusion évidente : je faisais partie de cette France qui se lève tôt, qui bosse, et incidemment de la classe moyenne supérieure. Nicolas Sarkozy, pour moi, c’était à terme moins d’impôts, moins de redistribution, tout-bénef dans le petit monde égoïste que nous dépeignaient ses laudateurs.
Mais rien à faire. Pas moyen d’appuyer sur ce foutu bouton. Et lorsque parfois j’y arrivais, j’éteignai aussitôt. Et ce n’étaient pas les légitimes motifs de révolte, la situation faite aux sans-papiers, les rafles à la sortie des écoles, les enfants terrorisés tombant des fenêtres, qui provoquaient ce rejet, mais la simple accumulation des petites phrases des uns et des autres. Il me suffisait d’entendre tel ou tel membre du gouvernement sortir sa connerie du jour, tel ou tel porte-parole au profil de juvénile batracien balladurien éructer une ode à la gloire du sarkozysme triomphant, pour ressentir un profond malaise, et la conviction qu’il me fallait éteindre le poste. Pur réflexe animal de sauvegarde."
SARKOLANGUE est un antidote. Comme certains médicaments, la boîte peut faire peur, mais la potion est beaucoup moins amère qu'il n'y paraît, il est même courant que certains rient aux larmes.
super_dek | 28.05.2008 - 15h23
Pensez-vous que Sarkozy finira son mandat? qu'il dissoudra son gouvernement? ou qu'il le finira avec le gouvernement actuel?
Je suis incapable de vous répondre. J'ai souvent pensé: "Ca va mal finir". Je ne sais ce qu'il adviendra, mais ce sentiment partagé par beaucoup de monde est lié à la sidération de se réveiller dans une France aussi mal gouvernée, où le mensonge servi par les communicants est devenu si indigeste que seul un petit nombre de convaincus résiste encore au réel. Beaucoup de gens se demandent si NS finira son mandat parce que subir la situation actuelle encore quatre ans leur semble au-delà de leurs forces. Je n'envie pas ceux qui ont voté pour lui et découvrent aujourd'hui derrière le couple symbiotique monstrueux et la SARKOLANGUE, derrière l'homme qui citait Félix Eboué Jeanne d'Arc et Jean Moulin, promettant de se retirer dans un monastère une fois élu, le jouisseur parvenu et vulgaire du Fouquet's, le winner à Rolex.
kyf | 28.05.2008 - 15h14
«Démissionnaire des Grands Gueules depuis 24 heures» Vous faisiez parti des GG d'RMC? Pourquoi avez vous démissionné? Je les écoute tous les midis en mangeant, et j'avoue que parfois j'ai envie d'étrangler l'autre tartuffe de nana pro-sarko-libérale dont je n'ai pas envie de me souvenir du nom. Les GG sont-ils aussi grandes gueule qu'ils le disent, où sont-ils limités par une hiérarchie quelquonque?
Oui, depuis mars 2005 je crois. Je crois aussi que dans votre question, kyf, vous donnez des réponses ;-)
Je garde pour certains membres de l'équipe une vraie affection, quelles que soient nos différences d'analyse politique, mais le format m'est au fil du temps devenu de moins en moins acceptable.
angaflo | 28.05.2008 - 15h14
Vous le savez que la presse Espagnole a classé Sarkozy Homme de l’année, alors la presse Française, elle classe quel homme politique Homme de l’année ?
Je ne sais pas non. Est-ce avéré, ou est-ce une nouvelle rodomontade de celui qui expliquait aux journalistes être homme de l'année en Chine?
casual13 | 28.05.2008 - 15h08
Vous denoncez le systeme de com' qui a etabli l'image -erronee selon vous- de NS. Mais n'est-ce pas la une caracteristique propre a la politique - pour ne pas dire de la democratie-, et ce depuis des lustres? D'autre part, en toute honnetete, vous en lisez beaucoup des articles favorables a Sarko? Les intellectuels de la gauche francaise (quasi pleonasme)n'ont-ils pas pour sport favori de vampiriser, en criant a la manipulation ou au facisme- les tenants des discours de droite?
Votre remarque me trouble. Comment vous dire: vous constatez que nous nous sommes habitués à ce que nos politiques nous mentent, ce qui en soi est obscène, reconnaissez-le... Mais, je le répète, avec le couple symbiotique monstrueux Sarkozy Guaino, nous sommes arrivés à un stade très avancé de décomposition de la parole politique. La SARKOLANGUE, c'est cette capacité inédite à démentir formellement le lendemain ce qu'on affirmait la veille.
Des articles favorables à NS, en toute honnêteté, je n'ai lu et entendu que ça ( ou quasiment) de Mai à Novembre 2007. La servilité de certains a été stupéfiante, en particulier lorsqu'elle provenait d'hommes prétendument "à gauche" qui soudain vantaient le renouvellement politique, l'ouverture, le rajeunissement, le mythe ridicule du changement de style, sans voir l'essentiel: l'incompétence et le mépris du chef de l'Etat pour les Français et la fonction.
Enfin, je voudrais insister sur un point. La déliquescence morale des pantins de l'ouverture ( Un chapitre du livre, le baiser de la mort, est dédié à Eric, Martin, Bernard et les autres...) ne doit pas vous laisser croire qu'il s'agit d'un affrontement droite-gauche. il s'agit, plus profondément, d'un affrontement entre la politique et la communication. Nombre de tenants de la droite classique, se réveillant plus ou moins vite, réalisent avoir donné les clefs du royaume au pire d'entre eux. Lisez le livre de Lapaque, critique au FIGARO, jetez un oeil sur le livre de Léotard, lisez entre les lignes les propos de beaucoup d'autres. Je croise nombre d'électeurs de droite écoeurés de la situation actuelle.
George-Walker-Bouboutentrain | 27.05.2008 - 20h15
Selon vous, le langage intentionnellement usité par le Président Sarkozy, tantôt guerrier, tantôt familier, toujours axé sur l’émotionnel et rarement forgé à la sagesse, la retenue et la réflexion qui devraient faire le commerce de tout homme d’Etat, ne cherche-t-il pas par cette dimension faussement populiste à occulter une réalité médiocre des débats politiques de la scène française actuelle et, plus particulièrement ici, une volonté farouche d’inscrire dans le roc la dernière définition d’une aristocratie substitutive désormais évaluée sur la seule géométrie cosmique des comptes en Suisse pour seul élitisme méritant?
De manière plus ramassée, je dirais que je me sens plus à l'aise quand les gens que je côtoie ont un centre moral, même s'il est différent du mien. Les gens qui n'ont pas de centre moral se rassurent avec la seule valeur qu'ils considèrent universelle, l'argent. Cela est leur horizon indépassable, et leur vision de l'humain en est transformée. Thatcher en fut un merveilleux exemple, qui ne croyait pas à la société, au vivre-ensemble, et avait déclaré "Toute personne qui prend les transports en commun après trente ans est un raté". Nous sommes gouvernés aujourd'hui par des gens qui partagent, en la cachant plus ou moins habilement, la même haine sociale...
Seb31 | 27.05.2008 - 22h20
Est-ce que vraiment... Sarkozy ne roule-t-il pour ses potes industriels français au détriment du peuple qui l'a élu un sombre jour de mai 2007?
L'aveu incroyable pendant la conférence de presse du 8 janvier 2008, où NS traite la question de Christine Clerc sur le pouvoir d'achat avec un mépris même pas masqué, est une réponse à votre question. Une grande partie des Français, dont des ménages modestes, ont cru, pour leur malheur, la SARKOLANGUE: Extrait: "Tout le discours sur le travail, sur la valeur-travail, tout ce discours, dégoulinant du pupitre de l’avocat millionnaire, ex-maire de Neuilly, a fait son œuvre parmi les damnés de la terre."
sylvienne | 27.05.2008 - 22h53
Comment les hommes politiques de gauche ont-ils pu laisser passer la franchise médicale?
Les mots ayant un sens, je précise toujours que la franchise n'a rien de médical, c'est une franchise sur les remboursements de soins, point-barre. Dans le même ordre d'idées, cessons de nommer par paresse "visiteurs médicaux" les représentants commerciaux des firmes pharmaceutiques ;-)
Sur le fond, je connais et j'estime nombre de politiques de gauche, députés, sénateurs, élus, qui ont bataillé sur ces sujets, y compris le jour du vote à l'Assemblée, et en lien avec l'Appel contre la franchise, échangeant informations, contre-attaques, etc...
D'autres... comment dire... d'autres n'ont pas hésité à utiliser cette question le temps d'un battement de cil, se lançant dans les journaux dans des "croisades contre les franchises" qui duraient bien vingt minutes, le temps que les caméras remballent.
LibreDePenser | 27.05.2008 - 23h26
Monsieur Lehmann pensez-vous que la Sarkolangue ne soit rien d'autre que l'expression des intérêts du lobby qui n'existe pas?
J'ai toujours du mal avec les questions qui contiennent en elles-mêmes leur propre réponse. Soyez plus clair ;-)
antimythe | 27.05.2008 - 12h40
Un peu médecin, un peu grande gueule,un peu blogueur, un peu écrivain, un peu politicien (maire PS), un peu caractériel, un peu démagogue, un gros ego, bref ce que vous prêtez à Sarko ne serait il pas votre image miroir?
Médecin depuis 1984, démissionnaire des Grands Gueules depuis 24 heures, blogueur depuis 2005, écrivain depuis 1988, affilié à aucun parti politique mais assez clairement identifiable à gauche de Manuel Valls, pas franchement porté sur la démagogie, certainement assez intolérant face à la connerie ou la médiocrité ( ce qui n'est pas bon pour les coronaires, je vous l'accorde)... je ne sais pas si cela fait ou non de moi une image en miroir de NS. Les ressemblances ne me sautent pas aux yeux. La différence majeure est probablement celle-ci: je peux assumer le lendemain ce que j'ai écrit la veille. Tout l'inverse de la SARKOLANGUE.
francogrec | 27.05.2008 - 16h57
Est-ce le 1er président à parler comme un charretier? Cela fait-il de lui un grossier personnage ou bien un gars proche des gueux que nous sommes?
Il y a deux Sarkozy, au moins. celui qui s'exprime comme un charretier, et celui qui, vibrant, s'avance sur les scènes des meetings, bras tendus, sueur ruisselant sur le visage, promettant de faire de son petit corps pantelant un rempart à la France "qui ne peut pas mourir". Si le "gars" a réussi à séduire les "gueux", ce n'est pas en utilisant le langage du charretier qu'il affectionne, mais justement en se glissant, grâce à la SARKOLANGUE et au couple symbiotique monstrueux qu'il a formé avec Henri Guaino, dans les habits, trop grands pour lui, d'un homme d'Etat gaullien.
Chti-Guevara | 25.05.2008 - 18h14
Ne risquez vous pas, de vous retrouvez en justice pour caricature excessive du sarkolangage? Il ne fait pas bon avoir des positions différentes du Saigneur de la France, n'est ce pas? Les mots ont un sens, mais dans quel sens (s'ils ont un sens) doit on prendre le langage du personnage?
NS a dit lui-même qu'il préfère l'excès de caricature à l'absence de caricature. Vous me direz: NS dit tout et son contraire, c'est même sa marque de fabrique... Dans le cas présent, je ne l'ai pas caricaturé, croyez-moi, je l'ai suivi à la trace. Et j'ai reproduit ce que nombre de journalistes n'osent même pas reproduire. Feriez-vous confiance à un homme qui devant une assemblée de 600 journalistes déclare: "L'authenticité se lit sur mon visage, je ne triche pas, je ne truque pas. Ca fait trente ans que je suis dans la vie politique, personne ne m'a pris le doigt dans le pot de confiture du mensonge." Je ne sais pas, vous... mais moi je n'achèterai pas une voiture d'occasion à ce type.
TotemTabou | 26.05.2008 - 19h25
Sarko, est-ce une "marque" qui rapporte?
Je ne saurais vous répondre. Apparemment, beaucoup de médias l'ont cru, longtemps, au vu des couvertures dont nous avons été inondés jusque récemment, avant que la marque ne perde quelque éclat. Sur le plan éditorial, je crois que cela dépend du contenu du livre. Je ne sais plus combien de dizaines de livres ont été publiés sur NS, je n'en ai lu que quelques-uns dont "Il faut qu'il parte" de Sébastien Lapaque, critique littéraire au... FIGARO... En ce qui me concerne, je n'avais aucune intention d'écrire sur NS, je suis romancier et la fiction m'attire beaucoup plus. Mais c'est en tant qu'écrivain, qui crois que les mots ont un sens, que l'accession au pouvoir de NS et la manière très particulière dont lui et son clan utilisent le langage m'ont interpellé et m'ont amené à me pencher sur les discours de la campagne, sur les interviews des seconds couteaux du sarkozysme ( ah! l'ouverture!!! quel fabuleux concept pour habiller le reniement!), et chercher à comprendre comment 53% des Français avaient élu en 2007 ce qu'ils croyaient être un homme d'Etat d'envergure, et se retrouvaient en 2008, ouvrant les yeux, face au ministre de l'Intérieur agité et bravache de 2005 dont ils ne voulaient pas. Le but de SARKOLANGUE était d'enquêter et de tenter de décrypter cette supercherie.
kb0 | 28.05.2008 - 16h24
Sacré Sarko, il a été élu sur un tissu de mensonges et de promesses farfelues et maintenant la réalité le ratrappe...
«Celui qui vit par l'épée, il périra par l'épée» est-il écrit dans la Bible.
«Celui qui vit par la SARKOLANGUE...» ;-)))
Merci à tous les internautes qui ont participé à ce chat, bon courage à ceux qui ont les yeux ouverts, bonne sieste aux autres, même si le réveil tardif sera pénible.
Pour finir, je le redis une ultime fois: SARKOLANGUE n'est PAS un moyen de gagner de l'argent en tapant sur NS. J'ai la chance d'écrire des livres qui se vendent très bien, et j'adore la fiction, bien plus que les essais, et celui-ci, même si le résultat est éclairant et drôle à la lecture, fut parfois pénible à écrire ( Vous vous imaginez suivre NS à la trace pendant des mois, vous taper les discours, les allocutions ridicules, les reniements à la pelle...). Si j'ai écrit SARKOLANGUE, c'est parce que je suis écrivain, et que pour moi les mots ont un sens. Ma condamnation du sarkozysme et de la SARKOLANGUE est une condamnation intellectuelle et morale: Vous, Français, vous méritez mieux que lui.
A bientôt. Amitiés.
Le chat est fini…