Vos questions sur l'Irlande du Nord

44 contributions
Publié le 15 janvier 2008.

VOUS INTERVIEWEZ - Sorj Chalandon répond, lui qui a beaucoup écrit sur cette région...

Sorj Chalandon, 55 ans, a été journaliste à Libération pendant plus de 30 ans. Ses reportages sur l'Irlande du Nord notamment lui ont valu un prix Albert-Londres en 1988. Aujourd'hui, il revient avec un roman nourri de son expérience et de ses rencontres sur place («Mon traître», Grasset).

Ce lauréat du Prix Médicis 2006 a répondu à toutes vos questions sur la situation en Irlande et sur l'IRA, une organisation qu'il a tout particulièrement suivi.

Ses dernières réponses:

Terp | 15.01.2008 - 17h04
Au moment ou l'IRA déposait les armes, le RIRA (Real IRA) revendiquait la poursuite de la lutte armée et dénigrait l'idée même de la négociation. Qu'est il advenu de ce mouvement ? D'autres groupes dans les deux camps poursuivent-ils avec ces méthodes condamnées/condamnables?

Les opposants au cessez-le-feu existent. Dans le camp républicain, ils estiment que l'IRA et Sinn Féin ont trahi les idéaux de 1916 et la déclaration d'indépendance. Ils continuent, ici ou là, de malmener la paix. Quelques bombes explosent, dont - ils faut le souligner - personne ne parle. Mais Real Ira ou les autres n'ont pas capacité à détruire ce processus. Dublin, Londres, et même l'IRA peuvent y mettre bon ordre.
Côté protestants, certains refusent toujours de partager le pouvoir avec les catholiques, mais ces paramilitaires sont aussi minoritaires que dans le camp d'en face, et plus connus pour trafic de drogue ou guerres intestines pour le contrôle des quartiers que comme force militaire constituée.
Il faut voir les choses en face, et les admettre; le processus de paix est un acte de courage pour tous. Pour un officier de l'IRA, il s'est agit de redevenir ce qu'il était avant la guerre, un chômeur qui espère un avenir meilleur pour ses enfants.

lunita | 15.01.2008 - 16h27
Pouvez-vous nous dire depuis quand exactement dure ce conflit et si on a une idée du nombre de morts ? et aussi quel a été le rôle des USA, notamment sous la présidence de JF Kennedy (catholique) et quel est-il actuellement ? Merci
Un conflit de 800 ans, fait de rébellions, d'écrasements, de soulèvements, de drames. La guerre moderne a commencé en 1969 pour finir en 1997. Pendant cette période, 3500 personnes sont mortes. Soldats, policiers, civils des deux bords.
Les Etats-Unis ont toujours gardé un oeil attentif sur le conflit, notamment en raison des quelques 47 millions d'Irlandais américains. Certains ont soutenu la guerre de l'IRA - par de l'argent, notamment. D'autres respirent depuis que le processus de paix est en court car cette guerre les empêchait de s'impliquer. L'Irlande est tournée vers l'Amérique, l'Amérique voit l'Irlande comme le berceau de bon nombre de ses ancêtres. Si l'argent américain rentre aujourd'hui, ce n'est plus pour acheter des fusils, mais construire des immeubles.

xduris | 15.01.2008 - 16h30
Je trouve les unionistes beaucoup plus violents dans leurs comportements par rapport aux nationalistes. Qu'en pensez vous?
Les nationalistes ont fait des forces britanniques - police, armée - leurs cibles. Les loyalistes protestants ont fait des catholiques leurs cibles. La guerre des uns consistait à affaiblir une présence militaire ou économique. La guerre des autres consistait à terroriser une population en raison de sa religion.

panurge | 15.01.2008 - 16h54
Bonjour.Est-ce que vous voyez une ressemblance entre l'Ira et l'eta , entre L'rlande du Nord et le Pays Basque?
Ne jamais, jamais, jamais faire de comparaison en rien. Disons simplement que l'IRA a été vue, attaquée et décrite comme terroriste pendant des années et que ses représentants légaux siègent aujourd'hui au sein des instances nord-irlandaises. On ne résout pas un problème en simplement le combattant. On n'oblige pas au silence en enfermant et en torturant. L'IRA n'a pas été vaincue militairement. Les Britannique sont arrivés à cette conclusion. Comme l'IRA savait que personne ne vaincrait militairement la puissance britannique. Je ne crois pas que la résolution du problème basque échappera à la négociation. L'Irlande a eu la chance d'avoir un Gerry Adams et un Tony Blair. Le Pays basque a un Otegui, un Zapaterro. Il leur faudra prendre place à la table. C'est inéluctable.

thelion | 15.01.2008 - 16h33
Avez-vous suivi avec une attention particulière le match du tournoi des six Nations entre l'Irlande et l'Angleterre le 24 février dernier à Croke Park où avait eu lieu le tristement célèbre Bloody Sunday?
J'en aurais pleuré de joie. C'était la première fois depuis le massacre en 1920 par les troupes anglaises et les supplétifs B-Spécials de joueurs et de spectacteurs d'une finale de football gaélique qu'une équipe sprortive anglaise a été autorisée à fouler la pelouse sanglante. L'équipe d'Irlande a gagné. C'est ausi cela, un processus de paix.

Ugaki | 15.01.2008 - 16h34
Je vis et travaille a Belfast depuis 2006 et je viens voir ma belle-famille depuis 2000. Les Choses ont quand même vraiment changées. Je ne crois pas au couple MCGuiness/Paisley mais bon. En tout cas, je bosse avec un mix de Catho et de Prody sans problème, Pensez-vous que l'économie va aider ce Pays? Comme l'économie a aider l'Irlande du Sud?
Sans aucun doute. Belfast, Derry, Newry, Armagh, tout change de façon brutale et irreversible. L'une des clefs est évidemment économique. D'ailleur le Révérend Paisley (Premier ministre d'Irlande du Nord) a engagé un bras de fer avec Londres sur cet aspect de la question, désirant pour l'Ulster plus de latitude en matière économique. Mais ne nous leurrons pas. Dans des ghettos nationalistes comme Ballymurphy ou Short Strand, la richesse n'existe pas. Comme les banlieues de Dublin souffrent encore. La richesse n'est pas répartie. L'Irlande, Nord et Sud n'échappe pas au libéralisme.

angaflo | 14.01.2008 - 13h45
Pourquoi appelle-t-on Irlande du Nord, si c'est réellement une partie de l'Angleterre? Est-ce une guerre de religion ou la religion de la guerre en Irlande?
J'ai répondu plus bas sur l'apect religion ou non du problème.
Géographiquement parlant, et sans entrer en politique: L'Irlande historique est un pays qui compte 32 comtés. En 1921, l'ïle a été divisée en deux et l'Ulster lui même a été divisé en deux. Car l'Ulster compte historiquement 9 comtés mais 3 d'entre eux sont majoritairement catholiques. Pour asseoir durablement la domination protestante, il a donc été décidé de "donner" ces 3 comtés au sud et de créer une entité artificielle de 6 comtés. Les protestants l'appellent Ulster. Les Catholiques "Irlande du Nord" ou "Six comtés". Les Six comtés, donc, sont partie intégrante du Royaume Uni.

Alec | 15.01.2008 - 16h35
L'Irlande d'aujourd'hui est riche. Le moment n'est-il pas venu pour Londres de libérer la partie d'Ulster qu'ils occupent? Nous avons aujourd'hui la possibilité financière d'absorber les différences logistique, le chômage...
J'ai répondu, je crois. Londres ne se désengagera que lorsque la majorité des habitants de l'Irlande du Nord en décideront. C'est sur eux que repose le changement.

Terp | 15.01.2008 - 14h42
Pour avoir vécu un an un Dublin, j'ai pu comprendre que beaucoup d'Irlandais n'envisagent à terme qu'une Irlande réunifiée, mais craignent pour l'équilibre économique du pays. L'Irlande du Nord coûte en effet nettement plus au Royaume Uni qu'elle ne lui rapporte, et la République d'Irlande n'aura peut-être pas les reins assez solide pour tenir et relancer l'Ulster. On peut craindre de reproduire le modèle allemand avec une RFA et RDA toujours présentes sur un plan économique. Partagez-vous cet opinion et comment envisagez-vous l'avenir du/des pays?
Depuis l'indépendance de 1921, c'est vrai, Dublin tourne le dos à Belfast. "La guerre est finie, ceux du Nord sont dingues". C'est un peu ce que la rue murmure dans les 26 comtés de la république. En même temps, après le bloody sunday, ces mêmes gens qui se désintéressent, ont brûlé l'ambassade britannique à Dublin. Ils ont fait cortège sur des centaines de kilomètres, dans les villes, les villages, les campagnes désertes, aux trois militants de l'IRA assassinés à Gibraltar par les forces spéciales britanniques, lorsque leurs corbillards ont lentement remonté le pays du sud au nord. Ils ont partout rendu hommage aux 10 grévistes de la faim morts dans le campbritannique de Long Kesh et ont même élu deux d'entre eux au Dail, le parlement du Sud, avant qu'ils ne meurent. Comme le préconisent les accords de paix, il sera demandé à la population d'Irlande du Sud si elle souhaite un changement de statut au Nord, quand majoritairement, le Nord le souhaitera. Nous verrons. Méfions nous des désintérêts de pubs. Tous les partis en présence, Fianna Fail, Fine Gaël et les autres, qui ne porte par l'IRA dans leur coeur, mettent en avant la fibre nationaliste au moment des élections. Il est vrai que l'Irlande du Nord était un gouffre économique en temps de guerre. Aujourd'hui, les six comtés nordistes sont en pleine mutation. A côté de Belfast, Dublin fait un peu ville de province. Je crois donc que la fin du conflit redistribuera la donne.

Alec | 14.01.2008 - 14h56
Pourquoi parler de paix? Les Anglais ne sont pas chez eux. C'est l'Irlande du Nord car c'est l'Irlande. Occupée mais c'est toujours l'Irlande. La France occupée était-elle moins France?

Qui parle de paix? Nous parlons de processus de paix. Il est dit et redit ici qu'il n'y aura pas de paix sans justice. Les nationalistes disent que leur pays est occupé. Les Unionistes estiment que les catholiques n'ont rien à faire sur leur terre? 3500 morts jonchent ces deux points de vue depuis 1969. Aujourd'hui, ces hommes-là ont décidé de continuer le combat par d'autres moyens. Oui, l'Union Jack flotte sur l'Irlande du Nord. Oui, le drapeau de la république n'y est que toléré? Mais le mot paix fait quand même son chemin. Car ce jour est une étape.

panchito | 15.01.2008 - 14h01

Bonjour, peut-on passer des vacances en irlande du nord sans se faire kidnapper ou assassiner?

Vous vous ferez kidnapper par les regards et assassiner par l'humour. Si vous ne revenez plus, c'est que vous l'aurez décidé.

mlmillien | 14.01.2008 - 19h35

La religion est elle la vrai raison du conflit? Ne serait ce pas un pretexte à une lutte entre irlandais et anglais?

Si la Pape avait accepté le divorce d'Henri VIII Tudor, les ennemis héréditaires, les envahisseurs coutumiers de l'Irlande, seraient restés des catholiques. Refusant le divorce, il a poussé le Roi à créer sa propre religion d'Etat. Les envahisseurs sont devenus anglicans, puis presbytériens. L'église catholique, les curés, les nonnes, la Vierge Marie, tous les symboles catholiques, sont devenus cibles à leur tour.
Un nationaliste catholique irlandais est catholique de tradition et nationaliste de religion. Cette guerre est une guerre coloniale traditionnelle, teintée de sectarisme religieux et de combat social, les catholiques ayant attendu les temps modernes pour avoir libre accès aux études, aux métiers, à la propriété, à la vie de femmes et d'hommes libres. Les protestants disent souvent que l'IRA est une armée "'papiste", l'armée de Rome. Chaque membre de l'IRA est pourtant excommunié.

toty | 14.01.2008 - 15h24
Bonjour, je voudrais savoir s'il y a une chance que le gouvernement britannique accepte une commission de la vérité en Irlande du Nord et accepte de déléguer ses procès en cours comme celui du bloody sunday à une autorité plus impartiale?

Nous en sommes loin. Chaque fois, cette éventualité a été écartée. Mais en même temps, force est de constaster que sur le Bloody sunday par exemple, les Britanniques ont mis le temps mais on fini par admettre ce que tout le monde savait: leurs parachutistes ont ouvert le feu en 1972 à Derry sur une foule civile et désarmée. D'autre part, Londres a quand même accepté qu'une commission indépendante supervise non pas le "désarmement" de l'IRA mais son "renoncement" aux armes. Et le rapport favorable de la commission a été admis pour crédible à la fois par les Britaniques et par les Unionistes.

angaflo | 14.01.2008 - 13h54
Il aurait été déposé les armes par les partisans de l'Irlande du Sud, pourquoi n'y a t il pas eu de dépôt des armes des partisans de l'Irlande du Nord? Le protestantisme est il une religion agressive?

Je ne saisis pas exactement votre question. L'IRA a déposé les armes en Irlande du Sud après la guerre d'Indépendance (1920) puis la guerre civile qui a suivie. L'IRA a déposé les armes au Nord en 1997. Le protestantisme, en face, n'est pas une religion agressive. Il se trouve que l'Etat d'Ulster a été crée artificiellement par des gens qui ont décidé d'un "Etatl'IRA a défendu sa co protestant pour le peuple protestant", refusant de partager le pouvoir avec les minoritaires catholiques. Dès que mmunauté sur le thème: Un homme=Un vote, les protestants ne sont sentis assiégés en leu
r citadelle. Je pense qu'il faut, pour comprendre la question irlandaise, entendre la peur des deux camps.

rustle | 15.01.2008 - 14h54

"Les quartiers irlandais et "Up the I.R.A" chez les prots" Alec. Si vous avez passé du temps en Irlande comment se fait-il que vous ne savez pas que tous les quartiers sont irlandais? Revisionisme ou divisionisme?

Tous les quartier sont Irlandais, c'est ma conviction. Les nationalistes parlent des unionistes comme de "la partie protestante de notre peuple". Mais demandez à un unioniste s'il vit en Irlande, il vous dira non. Demandez lui si son quartier est Irlandais et vous allez courir jusqu'au bout de la rue. Les drapeaux qu'ils plantent sur leurs maisons sont britanniques. Ils se disent, se sentent, se veulent britanniques. J'espère qu'ils admettrons un jour que leurs ancêtres, installés dans le Nord de l'Irlande depuis 800, ont fait d'eux des Irlandais. Qu'ils le veuillent ou non.

Paddy | 15.01.2008 - 14h53

Vous êtes toujours journaliste à Libération? Que pensez-vous de ce journal?

Hello Paddy. J'ai quitté Libération le 2 février 2007. Je lis ce journal chaque matin. On ne perds pas comme ça une habitude de 34 ans.

FD | 15.01.2008 - 14h07

Les extrémistes irlandais ayant commis des crimes lors de cette guerre civile seront-ils un jour jugés ou y aura-t'il une "amnistie" tacite pour ces personnes (quelque soit le bord)? Le peuple irlandais est-il prêt pour cela?

L'heure est - non pas à la page que l'on tourne - mais à la remise à plat. Vous avez raison, des crimes ont été commis par les trois parties en conflit: Britanniques, Unionistes, Nationalistes.On peut estimer que certaines guerres sont plus juste que d'autres, là n'est pas la question. Négocier, c'est s'asseoir avec le salaud qui est en face. Londres négocie, Sinn Féin (nationaliste) négocie, les Unionistes négocient. Les morts et les drames n'appartiennent pas à l'histoire mais à la mémoire. Il sera difficile de poursuivre le vice premier ministre Martin McGuinness dont les soldats ont attaqué au mortier le 10 downing street. IL sera difficile de poursuivre un maire protestant pour les meutre qu'il a pu commettre en tant que paramilitaire clandestin anticatholique. Il sera difficile de poursuivre les soldats britanniques qui ont torturé leurs prisonniers. Tous ces gens sont aujourd'hui en train de chercher une solution. C'est long, douloureux. Je ne sais pas si la population est prête. Je connais un ancien de l'IRA
dont le fils a été tué à sa place. Il a demandé à rencontrer ses assassins. Il avait besoin non pas de leur condamnation, mais de les voir et de comprendre.


panchito | 15.01.2008 - 15h51

Bonjour, que pensez-vous de Joffrin qui s'est fait ramasser comme il faut par sarko car moi j'ai bien ris?

Je ne ris pas d'un journaliste qui se lève et pose une question. La question ne m'a pas fait rire car elle était courageuse. La réponse m'a fait sourire car elle était attendue.

Alec | 14.01.2008 - 13h42
A quand le départ des Anglais de nos terres?

Une fois encore, lorsque la majorité des 6 comtés d'Irlande du Nord le décidera. Pour l'instant, elle est protestante, unioniste, attachée à son patrimoine britannique et à la Couronne. Les protestants font moins d'enfants que les catholiques. Il y aura inversion de tendance. Ce jour là, la question sera posée une nouvelle fois: voulez-vous oui ou non demeurer au sein du Royaume-Uni. Cette question sera soumise par vote. C'est l'une des avancée des accords de paix.

roux | 14.01.2008 - 13h38
La guerre est-elle finie? Si non sera-t-elle une fois finie selon vous?

Non, la guerre n'est pas finie. Oui, la guerre est finie. La guerre n'est pas finie car nous sommes en processus de paix et non en paix. Oui, la guerre est finie car l'Armée Républicaine Irlandaise (IRA) a décidé seule d'un cessez-le-feu unilatéral en 1997. Car les paramilitaires protestants ont suivi ce geste. Car les Britannique désarment et démilitarisent leurs bases sur le terrain. Mais il n'y aura jamais de paix véritable sans justice. Le partage du pouvoir doit être plein et accepté par tous. En attendant que la majorité de la population nord-irlandaise décide un jour, ou non, son rattachement à la République sudiste.

Anne Honym | 14.01.2008 - 13h37
Les choses semblent plus ou moins se calmer en Irlande. Est-ce exact ou les problèmes se déclarent-ils sous une forme nouvelle? Dans les deux cas, à quoi est-ce dû?

La méfiance demeure, donc. Mais les armes se sont tues. Les problème demeure car les ingrédients du conflit persistent. Les nationalistes souhaitent la réunification de l'Irlande, les unionistes se battent pour le maintien de l'Irlande du Nord dans le Royaume Uni. Les ennemis d'hier sont contraints à gouverner ensemble, sur des sujets comme le tourisme, les transports, l'éducation ou l'agriculture, mais Londres garde la main mise sur tout le reste. Malgré l'existence d'un parlement mixte, l'Irlande du Nord reste bel et bien partie intégrante du Royaume Uni. Les unionistes s'en félicitent. Les nationalistes font avec pour le moment. Mais, par exemple, la population à majorité protestante d'un village a refusé que l'adjoint au maire catholique allume l'arbre de Noël sur la place du bourg. Des écoles et des églises catholiques sont toujours attaquées par les gens d'en face. En plein processus de paix, l'année dernière, un écolier catholique - reconnaissable à son uniforme - a été tué par des gamis protestants de son âge parce qu'il arpentait un trottoir qui lui était interdit. Souvent, encore et encore, élus unionistes et nationalistes refusent de se serrer la main.


angaflo | 14.01.2008 - 13h50
J'ai visité Belfast, il y a des maisons mitoyennes séparées par des cloisons de 3 m de haut et les habitants ne se sont pas parlé depuis au moins 30 ans. Est-ce que le gouvernement Européen ne devrait pas peser de tout son poids pour faire cesser cette situation ridicule, et comment?
Les Murs dont vous parlez sont appelés "Peace lines" ou Lignes de paix par les habitants. Elles ont été érigées par les autorités britanniques et, souvent, consolidées par les habitants eux-mêmes. En fait, ces murs, barrières barbelées, séparent les populations nationalistes (catholiques) et unionistes (protestantes) de Belfast. Chacun se protège derrière. A l'heure du processus de paix, la méfiance demeure intacte. Même si le premier ministre d'Irlande du Nord est unioniste (Ian Paisley) et son vice premier ministre, nationaliste (Martin McGuinness), même si les deux ont été ennemis et restent adversaires, la situation sur le terrain oblige encore à cette séparation. Le vrai signe de paix sera l'abattage de ces murs. Il sera la volonté et l'oeuvre des deux communautés. En aucun cas une décision britannique ou européenne.

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