Jean-Pierre Havrin est favorable à un retour de la police de proximité.
Jean-Pierre Havrin est favorable à un retour de la police de proximité. - F. Scheiber/20 Minutes

Propos Recueillis par Béatrice colin

Responsable de la police toulousaine de 1999 à 2003, lors de l'expérimentation de la police de proximité, l'adjoint au maire PS à la sécurité évoque les zones de sécurité prioritaire et le projet de François Hollande auquel il a participé.

Pourquoi Toulouse n'est-elle pas

en zone de sécurité prioritaire ?
Ne pas faire partie des 15 premières ZSP a un côté rassurant, cela veut dire que Toulouse ne se place pas dans le top 15 des villes en matière de délinquance.
Malgré les événements récents ?
L'affaire Merah aurait pu se passer n'importe où. Les règlements de compte entre voyous, ça se passe partout et ça à toujours existé. Le projet de François Hollande prévoit plus de ZSP : il est vraisemblable que nous serons dans les prochaines. Mais il ne faut pas se focaliser sur ça. L'idée, c'est de changer la philosophie de la police, de réorienter ses missions. Elle va revenir au service de la population et non au service du pouvoir pour faire de bonnes statistiques.

La police de proximité va-t-elle faire son retour au Mirail ?
Il faut renouer le contact avec la population. Nous ne sommes pas candidats, cela concerne l'ensemble de la police.

A quelle échéance ?
J'espère rapidement. Je pense que le ministère va fixer une feuille de route, avec un retour des patrouilles à pied au Mirail. C'est un processus long, je ne rêve pas. La première fois cela avait été difficile et depuis la situation s'est dégradée. Cela passe par la reprise du terrain, puis par la présence des mêmes policiers aux mêmes endroits. Mais j'y crois, parce que la plupart des flics ne sont pas entrés dans la police pour être l'ennemi de la population, au contraire.

Certains disent que la police de proximité aurait freiné un Merah ?
C'est possible, je ne suis pas sûr. Avec le système mis en place à l'époque, peut-être que Merah aurait pu être signalé par les gars du terrain.

Et l'armée dans les banlieues ?
C'est complètement anti-républicain. L'armée, c'est fait pour combattre l'ennemi extérieur. Depuis quelques années, il y a une dérive, on a l'impression qu'on traite les gens de certains quartiers comme des ennemis.

Toulouse est candidate aux salles de shoot, qu'en pensez-vous ?
C'est une idée intéressante si cela permet d'éviter des dérapages, mais le problème, c'est souvent l'environnement.