Le « vrai » coupable court toujours.
Le « vrai » coupable court toujours. - F. Scheiber / 20 minutes

Se dénoncer, c'est une chose. Mais pour un meurtre que l'on n'a pas commis, cela peut laisser perplexe. Après le rebondissement survenu ce week-end dans l'enquête sur la mort de Patricia Bouchon, des questions sur les motivations de ce Tarnais de 36 ans se posent. Venu se livrer aux policiers, près d'un an et demi après le meurtre de cette femme de 49 ans, les analyses ADN et nombreuses vérifications ont prouvé l'innocence de cet homme.

Difficile à déceler
Pour Arnaud Martorell, psychiatre et expert près la cour d'appel de Paris, ce genre d'agissements permet de « s'affirmer dans un rôle de héros négatif ». C'est d'ailleurs, pour certains, « le seul moyen d'attirer l'attention sur soi », tout en sachant les conséquences que cela pourrait avoir. « Un peu comme un enfant qui mettrait le bazar pour attirer l'attention de ses parents, tout en sachant qu'il s'expose à une paire de gifles. » D'après le psychiatre, cette pratique n'est pas nouvelle, mais elle tend à se développer, « surtout chez les individus fragiles », explique-t-il. Car pour beaucoup de gens, « la figure de l'anti-héros est très tentante et le type de société dans lequel nous vivons, avec notamment la force des médias, peut favoriser l'éclosion de ce genre de personnes ». Un type de fonctionnement difficile à déceler. « Ce n'est pas marqué sur le front de la personne. Je ne sais pas qui était cet individu, mais il était visiblement très perturbé », confirme le médecin.à Paris, Mathieu Gruel