L'A320, assemblé à Toulouse, Hambourg et en Chine, sera produit aux USA.
L'A320, assemblé à Toulouse, Hambourg et en Chine, sera produit aux USA.

Béatrice colin

Le premier A320 assemblé aux Etats-Unis devrait voler en 2016.
Après celles de Toulouse, Hambourg et Tianjin, en Chine, l'avionneur européen a officialisé lundi la création de sa première chaîne d'assemblage sur le sol américain, à Mobile dans l'Alabama. L'objectif « est de répondre aux besoins croissants des clients aux Etats-Unis et dans le monde entier », a indiqué Airbus qui prévoit d'y produire 40 à 50 appareils par an d'ici à 2018. Pour son président, Fabrice Brégier, ce pays « représente le marché principal d'avions monocouloirs dans le monde, avec une demande estimée à 4 600 appareils au cours des 20 prochaines années ».

Garanties demandées
Une nouvelle accueillie avec prudence par les syndicats de salariés. « Nous avons besoin d'avoir un certain nombre de garanties, sur les cadences de production et sur le développement de nos emplois en Europe et en France », plaide Françoise Vallin, déléguée syndicale centrale CFE-CGC. « Si, à l'arrivée, le résultat de cet investissement est celui d'une plus grande présence sur le marché nord-américain sans pénaliser les sites d'assemblage et la production de pièces en Europe, ce sera évidemment positif. Mais il faut que cela corresponde à un accroissement notable des commandes, qui aurait été impossible sans cela », emboîte Martin Malvy, le président PS de la région Midi-Pyrénées. Pour l'heure, le carnet de commandes de l'avionneur permet d'assurer six à sept ans de travail sur les chaînes existantes. « Il faut s'assurer que cette chaîne produira du volume en plus, à l'instar de celle créée en Chine en 2006 qui a permis d'augmenter notre part de marché et continue à faire travailler nos usines en France et nos sous-traitants », poursuit Françoise Vallin.