Les prud'hommes ont donné raison aux salariés mais Molex a fait appel.
Les prud'hommes ont donné raison aux salariés mais Molex a fait appel. - f . scheiber / 20 minutes

Julie Rimbert

C'est la première victoire, d'un combat qui sera long. Les prud'hommes de Toulouse ont débouté, jeudi, la société Molex dans sa demande de ne pas juger le groupe américain au même titre que sa filiale française pour les licenciements des 283 salariés fin 2009. Alors que 190 anciens employés attaquent le géant américain de la connectique automobile pour « licenciements abusifs », l'avocate du groupe avait argué, lors de l'audience en avril, que « le groupe n'était pas l'employeur des salariés de Villemur ».

Le groupe Molex fait appel
« On est toujours dans les questions de procédures, qui nous font perdre un temps fou, mais, le principal, c'est que la justice nous donne raison dans notre combat. Surtout pour la cinquantaine de salariés qui sont encore sur le carreau aujourd'hui, souligne Patrick Frégolent, président de l'association Solidarité Molex. Maintenant, on va enfin pouvoir s'intéresser au fond du dossier, à savoir le licenciement alors que le groupe faisait des bénéfices importants. » Pour Guy Pavan, ancien délégué CGT, « si deux dirigeants du groupe ont déjà été condamnés en 2010, c'est la preuve que ce sont bien les Américains qui tiraient les ficelles et prenaient les décisions ». La société américaine Molex a annoncé jeudi qu'elle ferait appel de la décision des prud'hommes. « Nous restons sur notre position, à savoir que nous avons déjà donné 30 millions d'euros à notre ancienne filiale française, insiste le groupe. Sans compter les ressources versées au repreneur Villemur Industrie pour soutenir la croissance de la nouvelle activité et de ses salariés. » Une nouvelle audience devrait donc avoir lieu dans les prochains mois devant les Prud'hommes de Toulouse. Pour une nouvelle bataille de procédure.