Refoulés en bas de l'avenue, riverains et curieux ont commenté l'affaire.
Refoulés en bas de l'avenue, riverains et curieux ont commenté l'affaire. - F. Scheiber/20 minutes

éric Dourel et Hélène Ménal

Les mêmes sirènes, les mêmes rubans de police tendus aux portes de la Côte Pavée. Et, parfois, les mêmes riverains empêchés de rentrer chez eux. Trois mois après l'assaut contre l'appartement de Mohamed Merah, la prise d'otages de mercredi, avenue Camille-Pujol, a remué le couteau dans la plaie. « Je viens d'avoir un coup de fil de ma famille qui habite Paris et qui me demandait comment je faisais pour vivre dans un quartier de terroristes. C'est totalement aberrant, soupire ce jeune avocat, résidant dans le secteur. Surtout que nous sommes quand même dans un quartier ultra-résidentiel. » A moins de cent cinquante mètres de la rue du Sergent-Vigné, beaucoup de riverains ne peuvent s'empêcher de faire un lien de cause à effet.

« Hommage » ou « coïncidence »
« Encore un fou qui vient en rajouter une couche après l'affaire Merah. Bien sûr que cela ressemble à un hommage. Comment voulez-vous que les gens ne deviennent pas paranos ? », s'interroge Alain, un chômeur de 42 ans, qui vient d'aller chercher sa fille à l'école Bonhoure. Pour cette mère de famille, tenue pendant des heures à distance de son domicile, la coupe est pleine : « Je me demande si je ne vais pas déménager à la campagne ! Ou à Paris, pourquoi pas, je suis sûre d'y être plus en sécurité ! » Mais, Michel, venu en simple curieux, temporise : « On ne va quand même pas déménager à chaque fois qu'un type fait une connerie. » Lui penche plutôt « pour un braquage qui a mal tourné ». Sur la même ligne, Patricia, attablée avec sa fille sur la terrasse de la boulangerie, parle « d'une coïncidence ». Cette série noire dans le quartier ne l'inquiète pas vraiment, mais elle reconnaît que l'affaire Merah a laissé « un réel traumatisme » et qu'elle anime encore bien des conversations.
D'autres enfin se souviendront de l'événement comme d'un rendez-vous manqué. Les futurs pacsés, par exemple, qui devront repasser puisque le tribunal d'instance a dû être évacué.
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réaction du maire

Pierre Cohen, le maire de Toulouse, a adressé mercredi soir « sa solidarité et son soutien aux habitants de ce quartier une nouvelle fois touché ». L'édile, présent sur les lieux une partie de l'après-midi, a aussi félicité les forces de police « pour leur efficacité et leur professionnalisme » et salué « le courage des otages ».