Les professionnels de santé vont avoir un référent police.
Les professionnels de santé vont avoir un référent police.

Béatrice colin

Véhicules cassés, vols d'ordonnances, insultes. Sans qu'elles soient quotidiennes, les agressions des professionnels de santé de Haute-Garonne créent parfois un sentiment d'insécurité. Pour améliorer leurs conditions de travail, une convention a été signée mardi entre les représentants des pharmaciens, infirmiers ou encore médecins et les services de l'Etat. « L'objectif est de leur apporter de la sérénité, mais aussi de maintenir une égalité d'accès aux soins pour tous et partout », avance Henri-Michel Comet, le préfet. Ce qui est de moins en moins le cas. « Les zones médicales les plus désertées ne sont pas en Aveyron mais dans certains quartiers toulousains. J'ai envoyé un courrier à près de 400 généralistes et une soixantaine m'a répondu qu'ils ne souhaitaient plus y venir », déplore Jean Thévenot, président de l'ordre des médecins 31.

Les praticiens osent parler
Pour ce responsable, « il ne s'agit pas de stigmatiser, mais il faut qu'une personne qui ne peut pas se déplacer puisse être soignée quel que soit le lieu où elle réside ». La séquestration par un patient de l'une de ses consœurs fin 2010 avait révélé un malaise de la profession. Et depuis, les praticiens osent un peu plus déclarer les agressions dont ils sont victimes : de 6 en 2009, elles sont passées à 17 en 2011. « Bien inférieures à la réalité », estime Jean Thévenot. Ce dernier espère que la convention fera bouger les choses. Un guide des bonnes pratiques va être distribué aux professionnels de santé et ils auront désormais un référent identifié au sein de la police et la gendarmerie. « Nous effectuons des diagnostics sécurité et l'on s'aperçoit souvent que les mesures à prendre sont simples », note le lieutenant-colonel Marc Othenin-Girard. Après trois braquages en deux ans, Daniel Bonnet, pharmacien impasse du Férétra a fait poser une gâche électrique sur sa porte. Certes ses agresseurs ont été arrêtés, mais « j'avais demandé l'installation de vidéosurveillance ou plus de passages de la police... c'est resté lettre morte. Une convention, c'est bien, mais il faut que ce soit suivi d'actions », explique-t-il.