- F. Lancelot/20 minutes

Hélène Ménal

Quand les beaux jours arrivent, la soupe populaire des Restos du cœur, place du Salin, prend des couleurs. Le mercredi soir, huit petites tables pliantes sont disposées à l'écart de la camionnette pour un éphémère atelier d'arts plastiques. L'idée en revient à Nicole, une bénévole qui vient de décrocher une exposition pour ses protégés. « J'avais envie d'avoir avec les bénéficiaires une relation autre qu'alimentaire », dit-elle.

Un havre de paix
Les élèves sont des enfants, de vieilles dames sans le sou ou des migrants roumains condamnés à la rue. Il y a les accros, les saisonniers, les dilettantes. Dans l'agitation de la distribution, l'atelier est un monde à part. « Il nous a permis de mieux nous connaître, de découvrir la sensibilité des autres et d'abolir la barrière de la langue », raconte Crina. Cette Roumaine a découvert l'atelier à l'époque où elle vivait dans un garage. Aujourd'hui, elle est passée de l'autre côté du miroir. La jeune femme vient aider à la distribution, fait de la traduction pour ses compatriotes. Ce jeudi, elle retrouvera d'autres « artistes » du Salin pour le vernissage. « Cette valorisation du travail est importante, estime-t-elle, car il y a beaucoup de clichés et de préjugés qui circulent. »