Lionel Reinaudo, 28 ans, s'est évadé de prison puis a commis 13 braquages durant sa cavale.
Lionel Reinaudo, 28 ans, s'est évadé de prison puis a commis 13 braquages durant sa cavale. - f. lancelot/20 minutes

julie rimbert

Avec son allure de moineau et son visage de premier communiant, difficile d'imaginer que Lionel Reinaudo est un braqueur multirécidiviste. Depuis mercredi, ce jeune homme de 28 ans comparaît pourtant devant la Cour d'assises de la Haute-Garonne pour treize vols à main armée commis dans des banques et bijouteries de Toulouse et Monaco, après s'être échappé de prison.

« J'ai voulu la vie d'artiste »
Ce « gentleman cambrioleur » a commis ses méfaits à visage découvert, sans gants, avec des armes hors d'usage. Il n'a jamais blessé personne. Les experts psychiatres le présentent comme « narcissique et sans empathie pour ses victimes », dévalorisé durant son enfance par un père violent qui le surnomme « le minus ». Persuadé de mourir jeune, il brûle la chandelle par les deux bouts, cherchant l'argent rapide grâce aux braquages. Après une condamnation à 9 ans de prison, il s'échappe de la maison d'arrêt de Carcassonne, avec l'aide de son petit frère. En avril 2007, en cavale, il braque deux bijouteries à Toulouse, dont la boutique Bernadou. Il se fait passer pour un client désirant un bijou et sort son arme une fois la vitrine déverrouillée. Il attache le bijoutier avec des menottes achetées la veille dans un sex-shop. Butin : 130 000 euros de bijoux. « J'ai voulu la vie d'artiste, je le regrette aujourd'hui, confie-t-il dans le box des accusés. J'avais besoin d'argent et je ne pensais pas faire de mal aux victimes ». Selon Emmanuel Tricoire, son avocat, « il agit par nécessité, dans une course folle, car il est convaincu qu'il va se faire arrêter. » Pour les parties civiles, ces braquages audacieux et sans violence n'enlèvent rien au traumatisme des victimes. « Elles ont subi une grande violence psychologique lors de ces attaques, souligne Xavier Ribaute, l'avocat de la bijouterie Bernadou. Deux cours d'assises l'ont déjà condamné pour des vols à main armée mais il a recommencé ». Les butins des braquages n'ont jamais été retrouvés. Lionel Reinaudo encourt la réclusion criminelle à perpétuité.