La parcelle où doit être installée l'antenne appartient à un privé.
La parcelle où doit être installée l'antenne appartient à un privé. - F. Lancelot/20 minutes

Hélène Ménal

Cette surprise-là, les riverains de la rue Jules-Verne, dans le secteur Minimes-Barrière de Paris, s'en seraient bien passé. C'est par un simple panneau de « déclaration de travaux » qu'ils ont appris l'arrivée d'une nouvelle voisine : une antenne-relais de l'opérateur de téléphonie Orange. Pas le petit modèle. Le format géant de vingt-sept mètres de haut. « L'équivalent d'un immeuble de dix étages ! », s'agace un habitant, membre du collectif mis sur pied pour écarter le projet. « On implante une antenne très puissante, sans concertation et sans réflexion sur la santé des riverains. […] On va cuire ! », s'inquiète Danielle Burguion qui vit à dix mètres à vol d'oiseau de la parcelle privée où doit trôner l'antenne.

Recours tous azimuts
Le collectif se démène. Il a déposé un recours devant le tribunal administratif. Quelques propriétaires ont aussi décidé de saisir, à titre privé, le tribunal de grande instance pour « trouble de jouissance », en invoquant la dépréciation future de leur maison. Enfin, les habitants ont alerté la mairie. « Une réunion avec les riverains est prévue et nous étudions le dossier », indique-t-on au Capitole, où les services de l'Urbanisme n'ont décelé aucune faille susceptible de recours dans la déclaration faite par Orange. L'opérateur s'affiche d'ailleurs serein. « Tout a été fait conformément à la loi. Les niveaux d'émission seront bien en deçà des seuils autorisés », précise Bruno Bernardin, le responsable régional d'Orange chargé des réseaux mobiles. L'opérateur veut « compenser un déficit de qualité de réception dans le quartier » et n'a pas l'intention de renoncer à son pylône. « La procédure pour une antenne-relais n'est pas plus contraignante que pour un cabanon de jardin, s'agace Danielle Burguion. Les opérateurs ont plus de pouvoir que les élus. » Ultime démarche, les habitants sensibilisent la mairie sur le nombre élevé d'accidents qui se produisent sur la parcelle. « Il ne faudrait qu'un camion renverse cet énorme pylône… », prévient l'un d'eux.

Une charte de bonne conduite

La Ville travaille depuis longtemps sur une charte de bonne conduite des opérateurs. Ces derniers pourraient la signer début juillet, s'engageant ainsi à organiser des réunions d'information et de concertation avec les riverains en préalable à tout projet d'installation. Le maire compte aussi demander à la ministre de l'Environnement de faire évoluer la législation.