L'addiction au cœur d'un colloque.
L'addiction au cœur d'un colloque. - F. Scheiber/20 minutes

Béatrice colin

Boire un café, prendre une douche ou changer ses seringues, sans qu'aucune question ne soit posée, ni de jugement porté. Depuis dix-huit ans, Intermède accueille les toxicomanes en centre-ville. Ce lieu, géré par l'association Clémence-Isaure, fait de la prévention des risques sanitaires, notamment pour lutter contre l'hépatite C, qui fait des ravages chez les sans-abri. « Marginalité et addiction sont un couple indissociable, où l'un entraîne l'autre », explique Martine Lacoste, sa directrice. Elle est aussi vice-présidente de la Fédération Addiction, qui organise jeudi et vendredi, à Toulouse, un colloque sur le thème Addiction et précarités.

Prévention et expérimentation
Deux jours durant lesquels les solutions de prévention, pour aider les plus fragilisés à « renverser la vapeur », seront passées au crible. « Ici, on essaie de trouver des portes de sortie, de proposer par exemple un break d'une semaine dans une chambre d'hôtel », détaille Martine Lacoste, qui voit chaque année passer 1 000 personnes dans ses locaux, avec de plus en plus de problèmes psychiques. Pour aider ces malades en situation d'errance et d'addiction, l'association est partie prenante d'une expérimentation lancée à Toulouse, Lille et Marseille : « Un chez soi d'abord ». « On aide ceux qui sont souvent les exclus des exclus à se mettre dans un cadre de sécurité, un chez soi, où une équipe médicale va accompagner leur démarche », souligne la responsable. Depuis septembre, 35 personnes sont entrées dans le dispositif.

Cibles

Selon le Baromètre Santé Midi-Pyrénées, qui a édité une enquête sur les addictions en janvier, « les fréquences et niveaux de consommation sont souvent plus importants parmi les chômeurs, les ouvriers, les personnes vivant seules… »