Des causes venues du ciel

azf La cour d'appel examinait hier les pistes écartées par l'instruction

Julie Rimbert

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Des témoins ont assuré avoir vu des aéronefs avant l'explosion d'AZF.

Des témoins ont assuré avoir vu des aéronefs avant l'explosion d'AZF. — Reuters

Impact de foudre, éclairs, aéronefs, la cour d'appel a longuement examiné hier les différentes pistes écartées lors de l'instruction sur l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001. Si l'accident chimique est retenu, la cour a quand même entendu hier des témoins qui ont observé des phénomènes inexpliqués avant la catastrophe.

La SNPE dans le viseur
Selon l'accusation, une seule explosion d'origine chimique a détruit le hangar 221 où étaient stockés les nitrates déclassés. « Ça ne colle pas », a affirmé à la barre Jean-Marie Arnaudies. Ce mathématicien a étudié divers témoignages, fait de multiples calculs. « L'explosion du 221 n'est qu'une petite partie d'une catastrophe générale. Ce feu d'artifice n'est que la fin de l'histoire », assure-t-il tout de go. Selon lui, il s'est passé quelque chose avant l'explosion. Et c'est du côté de la SNPE, « puisque des éclairs ou des panaches de fumées ont été vus au-dessus de la cheminée » de cette entreprise voisine. Une affirmation contredite lundi par Roger Meyniel, l'ancien directeur de la SNPE qui a assuré qu'il n'y avait pas eu de « sinistre préalable dans [son] usine ».
Mais la société des poudres et explosifs n'est pas la seule à être visée. Laurent Lagaillarde, un voisin du site, s'interroge encore sur la présence d'aéronefs peu de temps avant l'explosion. Du coup, il a fait citer des témoins sur le sujet. « Car je suis peu convaincu par l'accident chimique puisque certaines personnes ont constaté des phénomènes lumineux inexpliqués », confie-t-il. D'autant que des photos d'aéronefs prises par des témoins quelques minutes avant la catastrophe ont été transmises aux enquêteurs mais personne n'a réussi à les retrouver. « Pourquoi tant de mystère sur ces appareils ? Qu'il s'agisse d'avions militaires, d'hélicoptère de la gendarmerie, d'EDF ou d'un aéronef non identifié, j'attends toujours des réponses crédibles ».

piste malveillante

La piste intentionnelle sera examinée demain et la semaine prochaine par la cour d'appel. Le point d'orgue sera mardi l'audition du juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière qui a établi un rapport critique sur l'abandon de la piste terroriste.

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