Un sursis pour les précaires

logement Le tribunal a refusé de prononcer leur expulsion

Hélène Ménal

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La vie peut continuer dans l'immeuble vide réquisitionné.

La vie peut continuer dans l'immeuble vide réquisitionné. — F. Scheiber / 20 minutes

Il n'est pas encore temps de faire les baluchons pour les occupants de l'immeuble vide du Pont des Demoiselles. C'est ce qu'a décidé hier le tribunal administratif de Toulouse, en déboutant la préfecture de sa demande d'expulsion. Malgré le caractère illégal de l'occupation, le juge des référés a estimé que les arguments développés par la préfecture pour une évacuation « en urgence » n'étaient pas assez étayés. Il a notamment relevé que les locaux de l'Afpa ne présentaient pas de danger et que, étant vides depuis des mois, leur réquisition n'entravait pas la bonne marche du service public.

Les pensionnaires se requinquent
« On espérait cette décision mais on ne s'y attendait pas », reconnaît Annabelle Quillet, membre du collectif GPS*, ces travailleurs sociaux qui, las de manquer de moyens pour aider les grands précaires, ont décidé de les mettre à l'abri coûte que coûte. Pour sa part, Henri-Michel Comet, le nouveau préfet, « prend acte » du jugement, sans dire s'il va faire appel. Il rappelle toutefois « qu'il s'agit d'une violation d'une propriété privée et qu'une occupation illégale ne saurait être tolérée ».
Du côté du Pont des Demoiselles, les militants du GPS sont « heureux de ce répit », ravis même de profiter de leurs pensionnaires qui se requinquent à vue d'œil. Grisés par « cette première victoire », ils enfoncent le clou : « nous ne partirons sans avoir obtenu un local en centre-ville pour accueillir une vingtaine de grands précaires 24 heures sur 24, avec les moyens de fonctionnement qui vont avec ». La préfecture n'en est pas là. Elle indique qu'elle « poursuit l'étude d'une nouvelle répartition des places d'hébergements existantes qui permettrait de mieux prendre en compte la situation des grands précaires » et réaffirme « sa volonté de recherche d'une solution dans le dialogue ».

Drapeaux

Les associations qui œuvrent auprès des plus démunis continuent leurs actions afin d'obtenir des crédits pour les centres d'hébergement. A 12 h 30, elles mettront en berne sur la place du Capitole des drapeaux français et européens.

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