Les maisons de retraites ont encore de beaux jours devant elles. Le débat sur le financement de la dépendance aussi. Selon les dernières projections démographiques de l'Insee, dévoilées hier, le nombre de personnes de plus de 80 ans en Midi-Pyrénées va plus que doubler d'ici à 2040. A cet horizon pas si lointain, un tiers de la population régionale aura plus de 60 ans contre 24 % actuellement, tandis que dans le même temps les moins de 20 ans stagneront péniblement autour de 20 %. « Ce vieillissement est inéluctable, avec l'arrivée au grand âge des natifs des Trente glorieuses, entre 1945 et 1975 », souligne pudiquement Françoise Bouesse, statisticienne de l'Insee.
La Haute-Garonne a l'antidote
Pire, si ce scénario se confirme, le nombre d'inactifs — trop jeunes et trop vieux confondus — sera supérieur à celui des actifs. Et l'âge moyen des habitants passera de 41 ans aujourd'hui à 44,8 ans dans trois décennies. Enfin, vers 2038, symboliquement, le nombre de décès surclassera celui des naissances. Mais ce scénario du péril vieux n'est pas aussi sombre qu'il paraît. Car, en 2040, la Haute-Garonne , comme un îlot perdu dans la 10e région la plus vieille de France, restera l'un des départements les plus jeunes. « Elle continuera d'accueillir les 18-25 pour leurs études ou la recherche d'un premier emploi mais perdra plus de retraités qu'elle en attirera », explique l'Insee. Ce paradoxe devrait contribuer à accroître les inégalités démographiques régionales. Avec par exemple une Haute-Garonne où l'âge moyen sera de 41,8 ans et un Lot, Eldorado des retraités, où il atteindra les 50,2 ans.
Selon le scénario retenu par l'Insee, la région devrait gagner quelque 800 000 habitants d'ici à 2040, atteignant les 3,6 millions. Dans le même temps, la seule Haute-Garonne verrait sa population augmenter de 400 000 âmes.