Malgré un ramassage en centre-ville, les ordures s'entassent dans d'autres quartiers.
Malgré un ramassage en centre-ville, les ordures s'entassent dans d'autres quartiers.

eric dourel

Pas de vacances pour les étudiants grévistes. En l'absence des lycéens, démobilisés pour cause de trêve de la Toussaint, les trois cents étudiants qui ont participé hier aux deux assemblées générales des universités Toulouse I - Capitole et de Rangueil ont décidé d'assurer le service minimum. « Histoire de maintenir la pression afin d'inscrire la mobilisation dans la durée et de repartir de plus belle à la rentrée », explique Romain Boix, président de l'Union nationale des étudiants de France (Unef) à Toulouse. Outre la mobilisation des troupes en vue de la manifestation de jeudi, un rassemblement a lieu ce matin à 11 heures, à la Bourse du Travail , conjointement organisé avec l'intersyndicale. Cette mobilisation spontanée doit déboucher sur « une action » en plein centre-ville.Les apparences sont trompeuses. D'accord les poubelles des grands axes et des abords des marchés du centre-ville de Toulouse ont été presque toutes vidées hier matin. C'est vrai aussi que les dépôts du Raisin et de l'Union ont suspendu depuis ce week-end leur mouvement de grogne. Il n'empêche que la mobilisation reste très forte chez la centaine d'éboueurs de la ville. « Dans les deux dépôts en question, la grève n'est pas arrêtée. Les agents des ateliers mécaniques et des transports ont mis en place des barrages filtrants et laissent passer les éboueurs qui ont repris le travail », explique Thierry Artigue, secrétaire Force Ouvrière (FO), syndicat majoritaire qui justifie cette stratégie par le fait que depuis vendredi, entre les départs en vacances et l'arrivée de contractuels, le maintien d'un blocage total devenait délicat.

Trois dépôts sur cinq en grève
En revanche, dans les trois autres dépôts de la ville, le mouvement de contestation contre la réforme des retraites a été reconduit à hauteur de 80 à 90 %. Ce matin et les jours suivants, une assemblée générale organisée par l'intersyndicale (FO, CGT, UNSA, CFDT, SUD) décidera de la suite à donner au mouvement. « Les agents sont de plus en plus motivés, surtout quand ils voient l'arrogance de ce gouvernement qui préfère envoyer les CRS au lieu de négocier », ajoute Thierry Artigue. En clair, dès la rentrée, la grève des poubelles devrait reprendre de plus belle. « Du moment que ça ne tourne pas comme à Marseille, ça reste dans le domaine de l'acceptable », commente un commerçant de l'avenue des Minimes. « Qui pourrait faire un métier pareil jusqu'à 65 ans ? C'est normal qu'ils fassent grève », conclut un étudiant.