Le 3 juillet 2009, la mairie sifflait la fin d'une exception toulousaine en signant un arrêté qui réglementait les terrasses des cafés et restaurants. Dans le viseur des élus, les vérandas en dur, les jardinières privatisant l'espace public ou encore les tables et sièges débordant sur les trottoirs, sans autorisation. Avec la loi anti-tabac, de nombreux établissements avaient trouvé une parade en investissant dans des structures extérieures.
Sept mises en demeure
Un an plus tard, tous ne sont pas rentrés dans le rang. Il faut dire que la municipalité leur avait laissé deux ans pour se mettre aux normes, en particulier ceux ayant des terrasses construites. « Durant six-huit mois nous avons informé les cafés et restaurants concernés. Aujourd'hui, globalement, ils jouent le jeu, mais il y a encore des débordements par-ci, par-là pour des jardinières en trop ou l'installation de paravents qui ferment », explique Isabelle Hardy, adjointe au maire en charge du commerce et de l'artisanat. Depuis le début de l'année, ses services ont délivré 14 avertissements, dont sept se sont transformés en mises en demeure. Quant aux vérandas et structures en dur, l'élue avoue que la plupart sont toujours là. « Il faut que nous travaillions au cas par cas à partir de septembre », explique-t-elle.
L'hôtel-brasserie Le Cousture est l'une des premières victimes de cette nouvelle réglementation. Lorsqu'il rachète le 40, boulevard Carnot en août dernier, Pierre Cousturié compte mener de lourds travaux et refaire complètement sa vieille véranda. « J'ai fait une demande, mais ils me l'ont refusée, même la rénovation de l'ancienne véranda où je pouvais accueillir 50 couverts, été comme hiver, n'était plus possible », déplore-t-l. En contrepartie, les autorités lui accordent une terrasse amovible et non couverte de 80 couverts. «Mais j'ai perdu les quatre mois d'activités d'hiver. Parfois on a l'impression qu'ils n'ont pas envie que l'on travaille », déplore-t-il. D'autant, qu'il n'a pas vu disparaître des trottoirs toulousains les dizaines de terrasses fermées par certains de ses confrères. « Des établissements ont procédé à des petits aménagements, en enlevant par exemple des jardinières. Tout le monde a un an pour se mettre aux normes », note Bernard Bosc, président des cafetiers à l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie de Haute-Garonne.
Près de 700 cafés et restaurants de la Ville rose sont équipés d'une terrasse. Selon la mairie, ce chiffre est en hausse, puisque ses services ont enregistré une cinquantaine de demandes de terrasses en plus cette année.