La voie est libre pour l'autoroute reliant Toulouse à Castres. Tout en réservant la primeur de l'information aux élus UMP du Tarn, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie et du Développement durable, vient de donner son aval à la construction de cette infrastructure. Elle devrait permettre de réduire d'environ 15 minutes le temps de trajet, actuellement d'1 h 10, entre les deux villes.
Un projet mis en concession. Le coût de l'opération est estimé par les services de l'Etat à 330 millions d'euros pour une mise en service prévue en 2015. Le ministre a donné son feu vert pour « une mise en concession autoroutière », ce qui signifie que la construction et l'exploitation de la liaison seront confiées à un opérateur privé. Les automobilistes devront donc s'acquitter d'un péage. Ce dernier est pour l'instant pressenti à 6,73 € l'aller simple, contre 1,30 € par exemple pour Toulouse-Albi. Les tronçons déjà à deux fois deux voies, comme les déviations de Soual et de Puylaurens, deviendront payants.
Le chantier devrait générer la création de 460 emplois pendant trois ans. Quant au trafic, il est évalué à 6 800 voitures par jour en 2015 et à 9 100 véhicules en 2025.
Des élus tarnais aux anges. « La décision qui vient d'être prise par le Gouvernement met un terme à une injustice qui a trop longuement pénalisé le sud du Tarn [...].L'autoroute va permettre de libérer les forces vives du territoire, de dynamiser l'économie et de créer des emplois », s'enthousiasme Pascal Bugis (UMP), le maire de Castres. A l'unisson, l'association tarnaise Autoroute 2013, qui a beaucoup mobilisé pour le projet, salue « une excellente nouvelle ». Le député tarnais Bernard Carayon (UMP) se fait carrément lyrique. « Je suis fier, dit-il, que ce soit le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui ait mis un terme aux renoncements passés de l'Etat et qui ait entendu la voix des Tarnais. »
Des opposants ulcérés et sceptiques. « Nous sommes consternés et édifiés », réagit Frédéric Manon, le porte-parole du Collectif RN 126, favorable à un aménagement progressif de la route. « Les décisions d'aujourd'hui ne sont pas les réalisations de demain », se rassure-t-il, persuadé que les coûts vont exploser. En particulier celui de la subvention d'équilibre que devront verser l'Etat et les collectivités, pour moitié chacun, au concessionnaire. Elle est évaluée à 110 millions d'euros. « L'automobiliste utilisateur pourrait être amené à payer deux fois : au péage et par l'impôt », le rejoint Guillaume Cros, conseiller régional (Europe Ecologie), qui dénonce « une décision très politique et une aberration écologique ». Quant à Martin Malvy (PS), le président de Région, il juge qu'une « 2 X 2 voies gratuite aurait été préférable » et que la sollicitation financière « arrive au plus mauvais moment ».