Ils cherchent la petite bête...

TGV De vastes inventaires écologiques démarrent le long du tracé

Hélène Ménal

— 

Le héron pourpré sera très surveillé.

Le héron pourpré sera très surveillé. — Chantelat / Sipa

Éviter qu'une espèce protégée, végétale ou animale, ne devienne la bête noire du TGV. C'est l'objectif des grands « inventaires écologiques » lancés par Réseau ferré de France (RFF) sur l'itinéraire de la future Ligne à grande vitesse qui doit relier Toulouse à Bordeaux « En cette Année de la biodiversité, c'est l'un des premiers grands projets d'infrastructure à bénéficier d'un tel dispositif, assure-t-on au service environnement des grands projets Sud-Ouest. Non seulement ces investigations seront menées sur les fuseaux de passage larges de 1 000 m, mais aussi sur 1 000 m de part et d'autre ».

Un impact sur le projet
La tâche est colossale. Elle va durer deux ans, coûter 4 millions d'euros à RFF, et envoyer « une centaine de personnes battre la campagne. Les recensements ont déjà commencé pour certains amphibiens et insectes. Les visons et cistudes (tortues) d'Europe seront particulièrement étudiés. L'ornithologue Jean Joachim entrera en scène, lui, « au printemps ». Il est associé aux inventaires par le biais de l'association régionale ornithologique de Midi-Pyrénées. « Nous allons notamment nous pencher sur le héron pourpré, un oiseau protégé qui vit dans la vallée de la Garonne », explique-t-il. Ce spécialiste est persuadé qu'il y aura « des couacs sur certaines espèces » mais voit dans ces recensements poussés « une opportunité d'affiner la connaissance des milieux ». RFF assure que ce grand déploiement aura des conséquences concrètes sur le projet. Trois niveaux de réponses sont prévus. D'abord l'évitement pur et simple des espèces repérées. Ensuite une « limitation de l'impact », par la construction de passages pour la grande faune ou les petits amphibiens par exemple. La dernière et ultime solution sera « une compensation par la création d'un nouveau milieu protégé ». W

LAISSER-PASSER

Les « enquêteurs » chargés des inventaires sont autorisés par arrêté préfectoral à pénétrer de jour comme de nuit sur les propriétés privées, après en avoir informé leurs propriétaires. En Haute-Garonne l'arrêté date du 14 décembre.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.