« Des dossiers traités en quatre jours »

Pourquoi revenir aujourd'hui ?

Recueilli par Béatrice Colin et Hélène Ménal

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Pourquoi revenir aujourd'hui ?

Laurent Wauquiez : Le but, c'est comme l'ont souhaité le président de la République et le Premier ministre, de voir sur le terrain les effets du plan de relance et de lancer à Toulouse mon second tour de France des agences de Pôle emploi. Il consiste à revenir au bout d'un an dans tous les bassins d'emploi et de faire le point avec les agents pour voir ce qui a été réussi, ce qui a été manqué et ce qui reste à faire.

Vous avez déjà une petite idée non...

On a fait les quatre murs. Maintenant il faut s'occuper de l'aménagement des pièces. La première chose qu'a apportée Pôle emploi, c'est d'avoir un seul lieu là où avant il y en avait deux, l'ANPE et l'Assedic. On a réussi à mettre en place en moins d'un an près de 600 sites mixtes, il en reste encore 200 mais beaucoup sont dans les tuyaux. La deuxième c'est que Pôle emploi a fait face dans la crise même si ça a été très dur. Juste un chiffre pour illustrer : en 1993, le nombre de jours moyen pour traiter un dossier, c'est-à-dire inscrire un demandeur et l'indemniser, c'était plus de 20 jours, dans une crise beaucoup moins dure. Aujourd'hui, c'est 4 jours.

Quels sont les points qui pèchent ?

Il nous faut améliorer les relations avec les employeurs, aller chercher toutes les offres d'emplois pour ne pas en gaspiller, et surtout ce qui touche le service aux demandeurs d'emploi : les accueillir mieux, avoir plus de temps pour eux, pouvoir régler leurs problèmes de formation, leur payer un permis de conduire, etc.

La réforme visait à diminuer le nombre de dossiers traités par agent. Or, ils se disent débordés...

Il faut séparer la réforme de Pôle emploi et la crise. Les agents ont un job extrêmement difficile pour faire face aux deux. C'est pour ça qu'on est en train d'étudier une nouvelle vague de renforts qui s'appuiera sur des recrutements temporaires et sur un recours aux agences d'intérim. La décision sera prise la semaine prochaine.

Pas de CDI donc ?

Non puisque le but est de faire face à la crise, pas de créer une voilure excessive une fois la crise passée.

Les chiffres publiés hier montrent une stabilisation du chômage. A quoi l'attribuez-vous ?

On voit que le taux de chômage n'a pas augmenté au cours du troisième trimestre c'est-à-dire qu'on a réussi grâce au plan de relance à arrêter l'augmentation du taux. Cette comparaison est internationale donc incontestable puisque tous les pays ont le même mode de comptabilité. Sur troismois, la France est, avec l'Allemagne, le pays qui a le mieux amorti le choc du chômage. Le chômage a été multiplié par plus de 2 en Espagne depuis mai 2007, il a augmenté aux Etats-Unis de plus de 100 %, de 50 % au Royaume-Uni, la moyenne dans l'Union européenne est de 33 % et en France on a réussi à limiter la hausse en dessous de 25 %. Ce qui a permis d'amortir ce choc est notre plan de relance. Il a été le plus rapide, le moins coûteux et le plus efficace. Le fil rouge du plan de relance voulu par le président de la République et François Fillon c'est l'emploi rien que l'emploi toujours l'emploi que ce soit avec zéro charges dans les petites entreprises, l'activité partielle ou la prime à la casse.

La région déplore pourtant 2 000 chômeurs de plus en octobre...

En Midi-Pyrénées, il faut rester attentif à la manière dont évoluent les commandes dans l'aéronautique. On pourra ainsi étudier avec les entreprises du secteur l'application de notre dispositif « former plutôt que licencier » qui permet de garder les salariés dans l'entreprise en conservant leurs salaires et en les formant. On est aussi en train de négocier un accord de gestion des compétences avec la branche. C'est un accord de 15 millions d'euros attendu pour le premier trimestre 2010. Il permettra de faire de la formation, dans les secteurs en évolution et d'aider les entreprises à évoluer sans perdre leurs salariés. W

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