Guerre de positions entre métro et tram

« Une situation bloquée qui commence à devenir délétère. » C'est le diagnostic de Pierre Cohen (PS), maire de la Ville rose et président du Grand Toulouse, à propos des futures infrastructures de transport en commun. A l'heure où les élus doivent ado...

Hélène Ménal

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« Une situation bloquée qui commence à devenir délétère. » C'est le diagnostic de Pierre Cohen (PS), maire de la Ville rose et président du Grand Toulouse, à propos des futures infrastructures de transport en commun. A l'heure où les élus doivent adopter la révision du Plan de déplacements urbains (PDU), véritable feuille de route pour les dix ans à venir, la cacophonie l'emporte. Confrontées à des arbitrages financiers au sein de Tisséo, les collectivités partenaires, toutes dirigées par des socialistes, se livrent à une guerre de projets.

Pierre Cohen a dégainé hier. Sa « contribution » au PDU fait la part belle au tramway, comme promis pendant sa campagne électorale. En plus de la ligne Garonne, qui doit relier fin 2013 les Arènes au Grand-Rond, il fait siens les projets de son prédécesseur d'en construire trois autres vers Saint-Orens, Tournefeuille et Colomiers. Il réactive aussi l'option d'une extension de la ligne E desservant l'aéroport. Le projet du Grand Toulouse, d'un montant global avoisinant les « 1,4 milliard d'euros », évoque aussi le Prolongement de la ligne B (PLB) entre Ramonville et Labège. Mais en tram et pour 130 millions d'euros. C'est là que le bât blesse. Car le Sicoval, la communauté d'agglomération du Sud-est Toulousain, reste sur une liaison en métro. « Le chiffre avancé n'est pas sérieux. Le PLB en tram est évalué entre 220 et 250 millions contre 390 millions pour le métro, qui transporterait deux fois plus d'usagers », réagit son président François-Régis Valette (PS). Le Sicoval ne votera donc pas le PDU proposé par le Grand Toulouse. « Il ne m'appartient pas de trancher là-dessus, mais il n'a jamais paru judicieux de faire en tram ce que l'on peut faire en métro, cela coûterait à peu près pareil, car les ponts à construire sont les mêmes », commente Stéphane Coppey (Verts), président de Tisséo.

La clé de cette crise est en grande partie au conseil général, sans qui aucun PDU ambitieux n'est finançable. « J'en appelle à la responsabilité », a lancé hier Pierre Cohen à l'adresse du président Pierre Izard (PS), dont il souhaite le retour au sein de Tisséo, à la fois pour « assumer la dette » et financer les infrastructures. « La décision arrivera en temps et en heure », indiquait-t-on hier du côté de l'hôtel du département. W

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