Dirigeants et inspecteurs montrés du doigt

« Toulouse savait depuis des années parce que nous avions alerté. » Le Vert Gérard Onesta, actuel vice-président du Parlement européen, est venu rappeler à la barre sa « lutte pour la sécurité de ces sites ». Militant écologiste dans la Ville rose, i...

Béatrice Colin

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« Toulouse savait depuis des années parce que nous avions alerté. » Le Vert Gérard Onesta, actuel vice-président du Parlement européen, est venu rappeler à la barre sa « lutte pour la sécurité de ces sites ». Militant écologiste dans la Ville rose, il s'est défendu d'une récupération politique du procès AZF, indiquant que les membres de son parti avaient été parmi « les seuls à parler pendant vingt ans ». Pointant sans détour le manque de volontarisme de Grande-Paroisse pour appliquer la directive européenne Seveso 2 sur les installations à risques, il a dénoncé « une chaîne de responsabilités, en tête de laquelle il y a l'industriel, mais la chaîne est plus large... Les élus et l'administration auraient pu changer le cours de l'histoire », a-t-il souligné.

Pour Gérard Onesta, la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) aurait pu obliger Grande-Paroisse à appliquer les règles de sécurité, notamment celles issues de Seveso 2, applicables dès octobre 2000 sur le site. Mais les inspecteurs de la Drire sont venus rappeler leur manque de moyens de l'époque, tout en soulignant que l'application des règles de sécurité était de la responsabilité même de l'industriel. « L'établissement Grande-Paroisse était un site ancien et nécessitait une attention particulière de notre part. Nous avions des difficultés dans le cadre des demandes d'investissement, nous avions l'impression que le responsable n'avait pas les moyens suffisants pour investir dans la sécurité », a témoigné Patrick Couturier, ingénieur chargé de l'inspection de l'usine AZF de 1992 à 2003. « Nous voulons avoir des précisions, savoir quelles demandes d'investissement auraient connu des difficultés », a demandé à plusieurs reprises une des avocates de la société Grande-Paroisse, sans obtenir de réponse précise. Aujourd'hui, le tribunal doit aborder les premiers pas de l'enquête et entendre notamment l'un des premiers experts à s'être rendu sur le site après l'explosion. ■

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