Hélène Ménal - ©2008 20 minutes

La police de l'air et des frontières (Paf) interpelle désormais les sans-papiers directement dans, ou devant, les foyers d'hébergement. Le cas s'est produit à deux reprises en septembre et suscite l'émoi des travailleurs sociaux. « Des recoupements sont faits en fonction des aides à l'hébergement que nous demandons. Et cette pratique crée une réelle panique qui remet complètement en cause notre accompagnement social auprès de ce public », explique une directrice de foyer. Après avoir refusé d'ouvrir sa porte aux policiers, elle a été témoin de l'arrestation d'une famille devant son établissement. Sa crainte est que les sans-papiers n'osent même plus prendre contact avec les centres d'hébergement.

Une pétition circule et la fédération des associations d'accueil (Fnars) vient d'alerter les élus locaux. « Ces interpellations sont rares. Elles ne concernent que les personnes rentrées dans l'Union européenne par un autre pays que la France. Elles ne peuvent en outre se faire que dans les parties communes et à condition que le responsable de l'établissement soit d'accord », précise la préfecture qui va « étudier » les deux cas pointés du doigt.