• L’auteur de polars Christophe Guillaumot sort « La chance du perdant », le troisième épisode des aventures du Kanak.
  • Comme lui, son héros est policier au SRPJ de Toulouse, section « courses et jeux ».
  • Le flic écrivain joue les funambules entre la réalité et la fiction.

Oui, des villageois jouent au « loto-bouse » dans la campagne toulousaine, quadrillant des champs en attendant qu’une vache se lâche dans la case sur laquelle ils ont misé. Oui, il y a de tripots clandestins dans la Ville rose et, parfois, de vrais combats de coqs.

Autrement dit, la plupart des affaires dont sont saisis « le Kanak » et « Six », flics au SRPJ dans les romans de Christophe Guillaumot sont inspirées de faits réels. Et pour cause, lui aussi est du SRPJ de Toulouse, lui aussi sévit à la section « Courses et jeux ». « Je ne parle jamais des affaires en cours mais je saupoudre mes intrigues de plein de situations que j’ai croisées dans le travail », confie l’auteur qui a un faible les romans de Connelly.

Graffeuse, gros bonnet et ripoux

Dans La chance du perdant, le troisième opus des aventures du duo, il invente une roulette russe mortelle, jalonnée de pseudo-suicides aussi spectaculaires qu’inventifs. Dans les vrais décors et coins secrets de Toulouse, on y croise une graffeuse de talent réduite à travailler au centre de tri de Ginestous, un gros bonnet qui fait son œdipe, et des flics ripoux. De quoi s’attirer les foudres des collègues ? « Ils le prennent bien. Car quand on est flic, on se retrouve assez peu dans les séries ou les romans, assure le policier écrivain. Et puis, si tous les flics étaient beaux et gentils, mes histoires perdraient de l’intérêt ».

Un collègue disparu, vrai héros imposant et lumineux

Sur le fil du rasoir, Christophe Guillaumot joue les funambules entre fiction et réalité. Ce qu’il n’a pas inventé c’est le Kanak. Ce Néocalédonien rencontré à l’école de police et aujourd’hui décédé appelait bien tout le monde « Gros chameau » et distribuait à l’occasion des « gifles amicales » assommantes. « C''était un type adorable, absolument lumineux et en même temps une force de la nature, rappelle l’auteur. Tout le monde l’aimait bien et j’aime l’idée qu’il inspire ce même amour aux lecteurs à travers mes histoires ».

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Comme policier, Christophe Guillaumot passe ses soirées au casino Barrière pour confondre les tricheurs. Comme écrivain, il se lève 4h30 du matin pour peaufiner ses intrigues. Sa double vie lui convient. « J’aime être flic. Je suis fier de l’être », dit celui qui n’a pas envie de choisir entre ses deux activités nocturnes et de scier la branche sur laquelle il est assis. Le « loto-bouse », ça ne s’invente pas.