• Une quinzaine de collèges de la Haute-Garonne ont déjà adopté ce dispositif.
  • Des parents critiquent la mise en place d’un traitement particulier pour ceux qui refuseraient la biométrie : ils devraient manger à des moments ciblés.

« Bienvenue à Gattaca ». C’est le titre du post Facebook publié il y a quelques jours par Antoine, le père d’un élève du collège Jolimont. Lorsque son fils lui a présenté un courrier de la direction de l’établissement, il n’en a pas cru ses yeux. Celle-ci avertissait les parents d’élèves que le conseil d’administration avait approuvé le 6 juillet « l’utilisation d’un lecteur biométrique pour l’identification des élèves demi-pensionnaires lors de leur passage au self-service ».

La courrier reçu par les parents d'élèves du collège Jolimont, à Toulouse.
La courrier reçu par les parents d'élèves du collège Jolimont, à Toulouse. - Facebook Antoine. M.

Adieu les cartes de cantine, les élèves devront bientôt valider leur passage grâce à un code et au contour de leur main. Une décision qui agite depuis les réseaux sociaux.

« J’ai trouvé la mesure très exagérée, on ne rentre pas dans un techno-centre avec des données ultrasensibles et protégées. Mon fils m’a dit que si je ne signais pas il ne pourrait pas manger avec ses copains à la cantine, qu’il mangerait en fin de service. C’est juste hallucinant et discriminatoire », s’énerve Antoine qui ne manquera pas d’aborder la question lors d’une réunion de parents d’élèves, ce jeudi soir.

Et c’est ce dernier point qui le dérange le plus. « La CNIL indique bien que l’on peut refuser et que l’établissement doit alors proposer une situation alternative mais pas discriminatoire », relève le père de famille, pointant la mise en place d’un régime différent.

C’est aussi ce qui gène la présidente de la FCPE Midi-Pyrénées, Hélène Rouch. « Sur le principe nous ne sommes pas contre l’entrée de la biométrie à l’école, c’est une évolution technologique et cela existe déjà sur les smartphones des élèves. Mais il faut que cela soit évidemment sécurisé. Par contre, il faut faire en sorte que sa mise en place ne se fasse pas au détriment des enfants, sinon on est loin de l’école bienveillante », regrette cette représentante de la fédération.

Si on reconnaît une formulation maladroite dans le courrier, du côté de la direction on justifie la mise en place de ce système pour fluidifier l’accès à la cantine et éviter ainsi des soucis aux élèves lorsque ces derniers ont oublié leur carte. L’an dernier, 4.180 oublis auraient ainsi été enregistrés selon la principale interrogée par France Bleu Toulouse.

Un système qui relève de la décision uniquement du conseil d’administration, « en toute indépendance » relève le Conseil départemental en charge des 96 collèges de la Haute-Garonne. « Une quinzaine d’entre eux a mis en place des bornes biométriques », indique la collectivité.