Cas de dengue à Toulouse: «C’est assez fréquent sur la région»

SANTÉ Alors qu'un cas de dengue a été recencé jeudi à Blagnac, le docteur Garro de l'ARS Occitanie se veut rassurant... 

Adrien Max

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Illustration d'une demoustication, ici à Fort-de-France.

Illustration d'une demoustication, ici à Fort-de-France. — Elmer Martinez AFP/Archives

Christophe Garro, médecin à l'ARS Occitanie

Un cas de dengue a été recensé jeudi à Blagnac, à côté de Toulouse ( Haute-Garonne). Des opérations de démoustication ont eu lieu ce vendredi matin dans les alentours du foyer de la personne infectée. Le but est d’éviter une prolifération de la maladie, dont le vecteur est le moustique tigre. Christophe Garro est médecin, il est le responsable de la cellule veille des risques épidémique et infectieux à l’agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie.

Est-ce que ce cas de dengue est un événement isolé ou est-il fréquent d’en recenser ?

C’est assez fréquent sur la région. L’ensemble de l’Occitanie est concerné depuis le début des années 2000. On constate des cas de dengue, du chikungunya et de zika, mais dans la majorité des cas il s’agit de cas importés, comme celui de Blagnac. Les cas autochtones, c’est-à-dire des infections sur le territoire national, sont beaucoup plus rares. On a pu constater des foyers de ces virus en Italie il y a deux ans, et plusieurs petits foyers dans le Var, mais aucun dans la région. A titre d’exemple, on a procédé à huit démoustications depuis la fin de l’hiver, aucun cas n’était autochtone.

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Comment procédez-vous lorsqu’on vous signale un cas de dengue ?

On procède dans un premier temps à une enquête épidémiologique afin de savoir si la personne est bien porteuse de la dengue. Dans un deuxième temps on mène une enquête pour voir si le moustique tigre, vecteur de la maladie, est présent. On essaye d’évaluer les possibilités de contamination sur d’autres personnes, comme les proches. Si la personne est porteuse du virus, et que des moustiques tigres sont présents, on procède à une démoustication.

Comment se déroule-t-elle ?

On se base sur l’écologie du moustique tigre qu’on connaît très bien. On sait qu’il se nourrit là où il est né et qu’il ne se déplace quasiment pas. On pulvérise un insecticide dans un rayon de 150 mètres autour du lieu d’infection, de préférence tôt le matin pour éliminer tous les moustiques tigres présents, et éviter qu’ils ne piquent la personne infectée et qu’ils transmettent le virus en piquant d’autres humains.

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Comment surveillez-vous la progression des cas de dengue ?

Il y a deux niveaux de surveillance. L’agence régionale de santé surveille les risques, que l’on suit depuis une quinzaine d’années. Il s’agit d’une question de santé publique. L’autre niveau de surveillance se situe sur la prolifération du moustique tigre, qui ne cesse de s’étendre. Mais là on se situe plus sur une question de désagrément et de gêne que sur une question de santé publique. Le plan de lutte contre ces maladies répond parfaitement à la problématique. Il n’y a rien d’inquiétant.