Leurs courgettes bio tachées sont recalées chez le fournisseur, des maraîchers en colère

AGRICULTURE Des maraîchers bio du Tarn-et-Garonne ont poussé un coup de gueule sur Facebook contre le diktat des légumes parfaits après le recalage de leurs courgettes tachées chez des fournisseurs de magasins…

Beatrice Colin

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Un couple de maraîchers bio du Tarn-et-Garonne se sont retrouvés avec 5 tonnes de courgettes sur les bras et ont poussé un coup de gueule sur Facebook.

Un couple de maraîchers bio du Tarn-et-Garonne se sont retrouvés avec 5 tonnes de courgettes sur les bras et ont poussé un coup de gueule sur Facebook. — Au Bio Temps

  • Leurs courgettes sont jaunes et un peu moches mais bio et bonnes
  • De nombreux consommateurs sont également révoltés contre le diktat du légume parfait

Elles sont jaunes, elles sont un peu moches… mais elles sont aussi bonnes que les top modèles qui ont réussi le casting de l’année. On parle bien de courgettes et pas de mannequins. Et pourtant, comme des jeunes filles qui n’auraient pas les bonnes mensurations, les légumes bio de Caroline et Cyril Rous ont été recalées.

De quoi énerver ce couple de maraîchers bio du Tarn-et-Garonne qui a posté dimanche soir un coup de gueule sur sa page Facebook expliquant que les fournisseurs n’avaient pas retenu leurs courgettes « parce que les consommateurs veulent des courgettes toutes jaunes, pas une petite tache de couleur verte, pas le moindre défaut. »

Des messages de soutien de toute la France

Un post devenu viral d’Au Bio Temps, partagé par de nombreux consommateurs révoltés contre le diktat du légume parfait. Des soutiens de toute la France, certains se proposant d’acheter depuis Paris ces courgettes en dehors des standards.

« Nous sommes installés depuis quatre ans et c’est la première fois que cela nous arrive. Sur la photo, il y a une tonne de courgettes mais il nous en reste cinq tonnes, refusées par les plateformes de fournisseurs des magasins bio. Ce qui nous énerve c’est que ça n’a rien à voir avec leurs qualités gustatives. Or ces légumes on les ramasse, on les trie et on perd de l’argent », relève Cyril Rous.

Pour éviter qu’elles soient jetées, le couple en a donné à la Croix Rouge. Des personnes sont aussi venues en acheter directement à l’exploitation et des restaurateurs toulousains vont se réunir pour en prendre plusieurs kilos. « Ils sont indignés, car une fois transformées, elles ont le même goût », plaide le maraîcher.

On a beau être dans le secteur de l’agriculture bio, censé porter des valeurs, pour Cyril Rous certains grossistes « sont des gens largués vis-à-vis du bio ».

Il espère que leur coup de sang ne restera pas au stade du simple buzz et que les consommateurs prendront conscience que ce n’est pas l’apparence qui compte.

En 2013, dans le cadre du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, des pubs mettant en scène des légumes moches avaient été réalisées par le ministère de l’agriculture. Depuis quelques années, les « disco soupes », qui donnent une seconde chance à ces légumes mal aimés, se sont multipliés. Mais il reste encore du job pour faire évoluer les mentalités.