Tour de France 2017: L'Ariège et le Tour, mariage d'amour et de gros sous

CYCLISME Devenu un lieu de passage incontournable du Tour de France, l’Ariège accueillera l’intégralité de la 13e étape entre Saint-Girons et Foix, vendredi…

Nicolas Stival

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Une banderole annonce le passage du Tour de France dans le col de Latrape, en Ariège.

Une banderole annonce le passage du Tour de France dans le col de Latrape, en Ariège. — N. Stival / 20 Minutes

  • Depuis 2001, la Grande Boucle passe systématiquement par l’Ariège
  • L’événement coûte cher au département, qui mise sur d’énormes retombées économiques

La totale. Un parcours garanti 100 % Ariège entre Saint-Girons et Foix, un jour aussi symbolique que le 14 juillet. Forcément, Nicolas Hubert bombe le torse. « La grande étape pyrénéenne cette année, c’est l’étape ariégeoise, n’en déplaise aux Hautes-Pyrénées », lâche sur le ton de la boutade le directeur de la communication du conseil départemental. En ce début de troisième millénaire, le « 09 » est devenu incontournable pour les organisateurs du Tour de France.

Selon les calculs du Monde, la Grande Boucle, née en 1903, effectue cette année son 64e passage en 104 éditions dans la patrie de Gabriel Fauré et Fabien Barthez. Surtout, depuis 2001, le plus grand événement cycliste du monde a systématiquement emprunté les routes de ce département peuplé d’à peine plus de 150.000 habitants.

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Avec l’actuelle édition, l’Ariège totalise 25 villes-étapes en 18 ans, au cours desquels elle a vu Armstrong, Contador et « Purito » Rodriguez s’imposer au Plateau de Beille, alors que Sastre, Riblon et Froome ont dompté la montée vers Ax-Trois-Domaines.

Le goût des organisateurs pour la montagne n’explique pas à lui seul cet engouement. Chaque année, le département, les collectivités locales et Amaury Sport Organisation (ASO), le gestionnaire du Tour, renouvellent une convention de partenariat.

75 % de la facture pour le conseil départemental

« C’est un effort très important, reconnaît Nicolas Hubert. En Ariège, les communes n’ont pas les moyens de se payer une arrivée [110.000 euros] ou un départ [65.000 euros] du Tour de France. Donc le conseil départemental [CD09] prend en charge 75 % de la facture, et la commune le reste. Lorsqu’on n’a pas d’argent, il faut des idées. Et nous entretenons des liens très étroits sur les plans financier et organisationnel avec ASO. »

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Les bonnes relations personnelles entre Henri Nayrou, président socialiste du CD09, et Christian Prudhomme, le patron de l’épreuve, ne gâchent rien. « Cela n’a pas d’impact sur la facture mais ça met beaucoup d’huile dans les rouages », glisse le responsable de la communication, qui assure que l’effort en vaut la peine.

C’est cher, mais ça vaut le «coût»

« Le Tour de France est vu par 3,5 milliards de téléspectateurs dans 190 pays, il n’y a pas une seule campagne publicitaire qui pourrait avoir cet impact-là. Une étude a été réalisée lors de l’arrivée à Beille, en 2011. Entre le ticket d’entrée, les frais de com’, le barriérage, le conseil général [ancien nom du conseil départemental] et la communauté de communes des vallées d’Ax avaient dépensé 250.000 euros. Les retombées ont été évaluées à 750.000 euros. » Il paraît que les hôteliers du coin ont encore les yeux qui brillent… A noter que les coûts de sécurité, de plus en plus importants au fil des ans, incombent aux services de l’Etat.

Ces profits valent bien l’organisation de nombreuses manifestations en amont (courses cyclistes bien sûr, mais aussi une dictée) et la réparation en urgence de la route du col d’Agnes, bien abîmée par une coulée de boue début juin. Finalement, les coureurs pourront bien escalader vendredi la deuxième des trois difficultés (après le col de Latrape et avant le très raide mur de Péguère) d’une étape extrêmement courte : 101 km, du jamais vu en montagne depuis 1989.

« Si le Tour vient en Ariège, c’est pour qu’il y ait de la bagarre, des attaques et des échappées », déclarait Christian Prudhomme lors de la présentation du parcours. Et si l’Ariège aime le Tour, c’est parce qu’il apporte un éclairage inégalable sur les beautés du Couserans ou du Sabarthès, et les touristes qui vont avec…