VIDEO. Bigflo & Oli: « Avec cet album, on a eu envie de revenir à l’essentiel »

INTERVIEW Après avoir sorti La cour des grands en 2015, aujourd’hui disque de platine, Bigflo & Oli, les deux rappeurs toulousains sont de retour ce vendredi avec un nouvel album : La vraie vie. Les deux frères ont répondu aux questions de « 20 Minutes »…

Beatrice Colin

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Olivio et Florian, les deux frères toulousains du groupe Bigflo & Oli, sortent leur deuxième album,

Olivio et Florian, les deux frères toulousains du groupe Bigflo & Oli, sortent leur deuxième album, — B. Colin / 20 Minutes

  • Les rappeurs toulousains Bigflo & Oli sortent leur deuxième album ce vendredi, La vraie vie
  • Leur premier album, La Cour des grands, sorti en 2015 est disque de platine
  • En septembre ils entameront une tournée en France et feront en mars le Zénith de Paris en mars

Bigflo & Oli se sont fait connaître il y a quelques années sur Internet. En moins de trois ans, Florian et Olivio, respectivement 24 et 21 ans, sont passés de leur chambre dans la maison familiale des Minimes - le quartier toulousain si cher à Nougaro - aux plus grands primes de télévision.

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En 2015, ces deux frères sortaient La Cour des grands, un premier album disque d’or au bout d’un mois qui s’est rapidement transformé en platine. Ce vendredi, leur second album sort dans les bacs. C’est à Toulouse, place de la Daurade, qu’ils nous ont accordé une interview pour parler de La vraie vie… entrecoupée par des séances de photos avec leurs jeunes fans auxquelles ils se prêtent volontiers, histoire de montrer qu’ils ont encore un pied dans la réalité.

Vous sortez votre deuxième album. Êtes-vous plus stressés que pour le premier ?

Bigflo : C’est pire et pourtant on pensait que ce serait mieux, on s’était dit si le premier album marche on aura moins la pression. Mais il y a une attente, c’est en fait une nouvelle pression.

Pourquoi avez-vous décidé de plus vous livrer dans ce nouvel opus ?

Bigflo : Sur le premier album on a très peu parlé de nous, on pensait que ça n’intéresserait pas grand monde, il y avait aussi une espèce de pudeur, on se cachait derrière des histoires. Là, on a eu envie de revenir à l’essentiel, au-delà du rap, des vannes, on voulait revenir à ce qui nous fait.

Pour avoir choisi d’aborder des thèmes aussi durs que la prostitution, le suicide ou les violences familiales ?

Bigflo : On essaie parler de choses dures pour les rendre moins dures.

C’est un exutoire ?

Bigflo : Un exutoire, c’est cliché de dire ça, mais c’est vrai que cet album c’est un peu ça, il nous a fait grandir.

Est-ce que ce n’est pas aussi ce que vous avez vécu ces deux dernières années ?

Oli : Il y a des trucs qu’on réalise plus tard. On n’a pas encore eu le temps de savourer.

Bigflo : On est passé de petits mecs sur internet à rappeurs connus. Ça a été un choc. Sur le premier album on espérait avoir un succès, avoir le disque d’or et finalement on a eu le platine. Ça nous a dépassés.

Pourquoi avoir ressenti le besoin de dire « on est toujours dans La Vraie vie » ?

Oli : On a beaucoup réfléchi, on s’est remis en question, on a préféré rapper des choses simples.

Bigflo : On s’est dit ce qui est intéressant c’est l’histoire de chacun, on va retourner à la vraie vie, à notre vraie vie aussi parce qu’on parle de nous. Ce sont des évidences qu’on avait mises de côté, comme de faire un morceau avec notre père. Nous, on se disait « notre père, la honte, on fait du rap », en fait non c’est une chose qui était là juste sous nos yeux.

Dans la chanson La vraie vie vous réglez vos comptes avec le monde du rap, avec Orelsan qui vous a refusé un feat. Était-ce nécessaire ?

Bigflo : L’album s’appelle La vraie vie, du coup on ne voulait pas mentir, dire la vérité sur tout, y compris sur les déceptions. On a enlevé des filtres. Le fait de vivre à Toulouse, ça apaise, ça remet les choses en place de revenir ici.

Oli : Avant on aurait essayé de trouver une formule. On a l’impression que les artistes jouent un personnage, s’interdisent des trucs, nous, on préfère être sincères.

Travailler avec Joey Starr, Stromae ou la superstar du rap américain Busta Rhymes, c’est compliqué ?

Bigflo : Sur le premier album tout le monde avait refusé. Le fait que ça ait bien marché ça nous a ouvert des portes. On est les premiers européens à avoir un feat avec Busta Rhymes. Ça a été un parcours du combattant, on a eu des échanges de mails interminables, mais ça s’est fait.

Oli : On a demandé à plus de monde, on s’est permis des trucs de dingue. Joey Star on n’aurait jamais pensé un son. Ça a été un étonnement quand il nous a direct dit oui sans écouter le morceau, il nous a laissé un message mythique sur le téléphone « ouais les mecs avec plaisir, je suis au garde à vous ».

Dans l’album, vous parlez de votre génération, parfois durement. C’est du second degré ?

Bigflo : On est obligé de forcer le trait. On est une génération d’instantané, de la consommation…

Oli :… superficielle, beaucoup dans l’image, le regard des autres.

Et c’est bien perçu ?

Oli : On n’a pas eu de mauvais retours.

Bigflo : On est aussi une génération ou plus personne ne dit rien. Ça parle d’histoire d’amour, de truc marrant et dès qu’on dit une phrase avec une prise de position ça fait tout de suite un peu plus scandale. On serait sorti dans les années 2005 on aurait été les moins engagés du rap français avec nos chansons.

* L’album La vraie vie de Bigflo & Oli (Universal Music/Polydor) est disponible à compter de ce vendredi