TFC: Interdits de déplacement à Metz, les supporters regrettent une décision «ridicule»

FOOTBALL La décision du préfet de Moselle d’interdire l’accès au stade de Metz aux supporters toulousains, lors du match de Ligue 1 de dimanche, soulève l’incompréhension…

Nicolas Stival

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Des supporters du TFC lors du match de Ligue 1 contre Lille, le 5 mars 2017 au Stadium de Toulouse.

Des supporters du TFC lors du match de Ligue 1 contre Lille, le 5 mars 2017 au Stadium de Toulouse. — P. Pavani / AFP

  • Par arrêté préfectoral, les supporters du TFC ne pourront pas assister à la rencontre de Ligue 1 de leur équipe dimanche à Metz
  • La décision surprend, vu le faible enjeu du match et le tout petit nombre de Toulousains attendus

Un match programmé un dimanche à 21 heures, entre deux équipes de Ligue 1 qui n’ont plus rien à craindre ni à espérer et qui défendent les couleurs de villes distantes de plus de 900 km. Comme contexte explosif, on a déjà vu pire que celui de ce Metz – TFC du 14 mai. Et pourtant…

Le préfet de Moselle a publié un arrêté pour interdire le déplacement des supporters toulousains. Un périmètre de sécurité sera établi tout le week-end autour du stade Saint-Symphorien, interdit à toute personne « vêtue d’un maillot, d’une écharpe ou de tout signe distinctif du Toulouse FC ».

« Incompréhensible » pour les Indians Tolosa 1993

Ce mercredi, les Indians Tolosa 1993, principal groupe ultra de supporters des Violets, ont protesté dans un communiqué contre une « situation purement incompréhensible » et ont demandé au club « de prendre publiquement position avant de choisir quelle réponse apporter ». Le TFC a simplement publié quelques lignes sur son site, pour prendre acte de l’arrêté préfectoral.

« C’est déjà la huitième fois que le préfet de Moselle prend un arrêté contre les supporters extérieurs, c’est une solution de facilité », déplore pour sa part Pierre Barthélémy, spécialiste en droit public des affaires et avocat de supporters. Le document administratif ne met jamais en cause les fans toulousains, sauf lorsqu’il s’agit d’évoquer « l’alliance historique existant entre le groupe messin de la Horda Frénétik et les Indians de Toulouse. » Or, si les supporters des deux clubs entretiennent de longue date des relations amicales, ladite « alliance historique » lie en fait la Horda Frénétik à la BFS, un autre groupe haut-garonnais…

Pour le reste, l’arrêté rappelle des incidents lors de matchs de l’équipe lorraine, notamment au cours du derby face à Nancy, mais aussi contre Lyon ou Caen, ainsi que « le fort contentieux actuel opposant les différents groupes de supporters ultras du FC Metz. »

« Tout cela ne concerne que les supporters messins et dans ce cas-là, il faut arrêter les matchs à Metz, ironise Pierre Barthélémy. Le plus simple aurait été de passer un coup de fil au TFC. Il y aurait peut-être eu deux bus de 50 supporters toulousains. On va davantage mobiliser de forces de police pour surveiller le périmètre de sécurité que l’on en aurait employé pour encadrer ces bus… Et ce n’est pas comme si les Toulousains avaient déjà posé des problèmes en déplacement. »

De 20 à 30 supporters toulousains attendus

A en croire Marco, membre des Indians, l’avocat parisien voit même très large. « Il y a deux ans, nous étions montés à Metz avec un bus de 50 personnes. Cette fois, vu l’horaire, nous aurions été 20 ou 30, au grand maximum. Sur 15.000 ou 18.000 supporters annoncés à Saint-Symphorien, ce n’était pas très compliqué à gérer. C’est ridicule, absurde. »

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Plus généralement, Pierre Barthélémy, connu dans le milieu du foot pour son combat en faveur des ultras du PSG, met en cause la gestion des supporters par les pouvoirs publics français. « On tape sur ceux qui ne posent pas de problèmes, car ils n’ont pas de poids politique, juge-t-il. Mais quand il s’agit de l’Etat russe ou turc, on n’ose rien faire. » Une allusion aux incidents causés par les supporters de la Russie pendant l’Euro 2016 et aux heurts lors de Lyon - Besiktas, le 13 avril en Ligue Europa.