Les lézards sont (aussi) victimes du réchauffement climatique

SCIENCES Selon une étude publiée par des chercheurs toulousains, le réchauffement climatique a un impact direct sur la flore intestinale des lézards, et de fait, leur survie…

Beatrice Colin

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Un lézard vivipare. (Photo illustration)

Un lézard vivipare. (Photo illustration) — Thomas Borwn / Wikimedia

  • Les membres du laboratoire Evolution et diversité biologique de Toulouse ont étudié les conséquences d’un climat plus chaud de 2 à 3 °C sur les bactéries qui composent la flore intestinale des lézards
  • Lorsqu’il fait plus chaud, la diversité bactérienne est moins importante et à des conséquences négatives pour la survie des lézards

Se prélasser au soleil est une de leurs activités préférées, au point de voir surgir dans le vocabulaire français le mot lézarder. Mais si les petits reptiles au sang froid apprécient les rayons ultraviolets, à terme ces derniers seront néfastes pour leur santé.

Des chercheurs toulousains du laboratoire Évolution et diversité biologique de Toulouse (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier/ENSFEA/IRD) viennent en effet de démontrer l’impact négatif du réchauffement climatique sur les Zootoca vivipara, l’espèce la plus répandue de lézards dans une étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution.

Etude des insectes aussi

Durant trois mois, ils ont soumis 150 spécimens à trois climats différents au sein de la station d’écologie expérimentale du CNRS de Moulis, en Ariège. Dans cette structure où les lézards sont dans leur habitat naturel, les chercheurs ont examiné comment réagissaient les microbes qui composent leur flore intestinale lorsque le thermomètre affiche 2° à 3 °C de plus.

« Un an après, nous avons constaté qu’il y avait beaucoup moins d’espèces de bactéries », assure Julien Cote, l’un des membres du laboratoire. Grâce au séquençage d’ADN, les travaux de l’équipe ont mis en évidence une perte 34 % d’espèces de bactéries lorsque le climat est plus chaud de 2 °C.

« Cela a des effets sur la digestion et la défense contre les pathogènes. Plus il y a de diversité bactérienne et plus la survie est forte. Le changement climatique affecte donc la survie de ces espèces », poursuit le chercheur. Or ces petits reptiles, qui vivent six ou sept ans, jouent un rôle dans la biodiversité, ils sont à la fois des proies et des prédateurs.

Si on ne peut pas extrapoler sur l’espèce humaine, les membres du laboratoire toulousain travaillent d’ores et déjà sur la flore intestinale des insectes soumis aux mêmes conditions climatiques que les lézards et qui pourraient subir les mêmes conséquences.