Pour Marjorie Mayans, «on sent une effervescence» autour du rugby féminin français

RUGBY La troisième ligne internationale de Blagnac-Saint-Orens prépare la demi-finale retour du Top 8, dimanche à Montpellier…

Propos recueillis par Nicolas Stival

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Marjorie Mayans lors d'un match de l'équipe de France de rugby à VII contre les Fidji, le 1er décembre 2016 à Dubaï.

Marjorie Mayans lors d'un match de l'équipe de France de rugby à VII contre les Fidji, le 1er décembre 2016 à Dubaï. — K. Sahib / AFP

Dimanche, lors des demi-finales retour du Top 8, les deux équipes de l’agglomération toulousaine se déplaceront. Tenues en échec à l’aller (19-19), les filles du Stade iront chez les Nordistes du LMCRV, championnes de France en titre. Le défi de leurs voisines de Blagnac-Saint-Orens (Bsorf), dominées dimanche dernier par Montpellier (13-19), s’avère encore plus ardu.

Mais la troisième ligne du Bsorf Marjorie Mayans (26 ans) veut malgré tout y croire. L’une des principales têtes d’affiche du rugby féminin français, réputée pour ses plaquages secs, fait aussi le point sur sa carrière, entre passages incessants du XV au VII, changement de poste et popularité croissante de sa discipline.

Est-ce que la déception de la demi-finale aller est digérée ? 

Franchement oui. Nous avons fait une grosse première mi-tempsavant de connaître un trou de 20 minutes en seconde période. Nous savons de quoi nous sommes capables. Nous devons nous mobiliser pendant 80 minutes. Si chacune est dans son match et si on perd, tant pis, elles auront été plus fortes. Mais au moins, on n’aura pas de regrets. Cependant, si nous faisons un gros match, il y a largement moyen de passer.

C’est votre troisième demie d’affilée…

Et ce serait bien de passer le cap. S’arrêter en demi-finale est un peu frustrant.

Frédéric Michalak, le nouveau patron du club de Blagnac, se montre très ambitieux pour la section féminine.

Déjà, depuis que le club est arrivé à Blagnac (il était installé jusqu’en 2013 à Saint-Orens), cela se passe super bien. Là, c’est la suite logique. Ce sera un beau projet, j’ai vraiment confiance.

Sur un plan personnel, que pensez-vous de votre saison ?

Je suis assez contente de rejouer avec le club. Les deux années précédentes, j’étais très prise par l’équipe de France à VII (pour préparer les Jeux olympiques à Rio) et c’était difficile de revenir à Blagnac. Je suis repassée en troisième ligne, le poste où j’évoluais au début de ma carrière en senior. J’y ai joué tout le Tournoi des VI Nations, mais ça représente pas mal de travail d’adaptation, en particulier dans les déplacements et le replacement, puisque j’avais pris des automatismes au poste de trois-quarts centre.

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Allez-vous vous fixer à ce poste de troisième ligne aile ?

Oui, j’imagine. On en avait parlé avec Eric et « Nico » à Blagnac (Eric Carrière et Nicolas Tranier, les entraîneurs du Bsorf), et les anciens coachs de l’équipe de France étaient intéressés par mon double poste. Quand le nouveau staff est arrivé (au mois de janvier), on m’a dit : « tu te mets en troisième ligne et on verra ce que ça donner ».

Où voyez-vous votre avenir. Dans le rugby à XV ou à VII ?

Cette saison, la priorité est clairement donnée au XV, avec mon club et la préparation de la Coupe du monde en Irlande au mois d’août. La saison prochaine, si je resigne un contrat à VII avec la Fédération (FFR), elle sera sans doute donnée à cette discipline, dont la Coupe du monde aura lieu à San Francisco en juillet 2018. Mais bon on verra, étape après étape.

Où en êtes-vous, sur le plan contractuel ?

Je suis encore sous contrat avec la FFR. Après ma blessure en début de saison, j’ai d’ailleurs participé en décembre à l’étape du circuit mondial à Dubaï avec l’équipe de France à VII. Je passe toujours la plupart de mes semaines à Marcoussis(au Centre national du rugby, siège de la FFR) où je m’entraîne avant de redescendre à Blagnac le vendredi soir. Actuellement, c’est un peu différent, car j’ai été libérée pour les phases finales du Top 8. J’ai un bac + 4 (Master 2 Politique et Sécurité) mais depuis les Jeux olympiques de Rio, je ne fais que du rugby.

Sentez-vous que le rugby féminin français progresse ?

Oui. Depuis la Coupe du monde en France en 2014, on sent une effervescence autour de nous. On s’était dit que ça allait sûrement retomber et finalement, ça prend. Pendant le dernier Tournoi des VI Nations, il y avait une ambiance de folie à Brive ou à La Rochelle, avec des stades presque pleins. A Blagnac aussi, on commence vraiment à avoir du monde.

Vous êtes l’une des figures du rugby féminin français. Vous reconnaît-on dans la rue ?

Ça arrive. C’est quelque chose de nouveau pour nous, mais c’est toujours bienveillant. Ce qui est également nouveau, c’est le fait d’être sollicitée sur les réseaux sociaux, Facebook ou Twitter. C’est difficile de répondre à de nombreuses personnes, nous ne sommes pas habituées à ça. Mais c’est plaisant de voir qu’on nous soutient.

Les prochains JO avec l’équipe de France à VII, en 2020 à Tokyo, sont-ils un objectif ?

Non, pas vraiment. C’est beaucoup trop loin pour y penser.

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