Ariège: Du cadmium détecté sur les brebis des décennies après la fermeture d'une mine

ENVIRONNEMENT Des prélèvements effectués sur du bétail qui passe sur un ancien site minier des Pyrénées ariégeoises montrent des traces de cadmium dans les abats…

Helene Menal

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Un troupeau dans une estive des Pyrénées.

Un troupeau dans une estive des Pyrénées. — ARDEA Mary Evans Sipa

Dans la petite vallée du Biros, au cœur du Couserans ariégeois, l’ancienne mine de plomb et de zinc n’a pas laissé que le souvenir d’un passé économique florissant. Il y a des traces bien plus tenaces, des métaux lourds dans le sol en l’occurrence.

Déclaré « orphelin » depuis 1975, le secteur minier du Sentein a fait l’objet d’une étude environnementale poussée entre 2013 et 2015. Cette dernière a entraîné des travaux « de mise en sécurité des sites pollués », avec notamment la réfection de la cour de l’école et du centre de loisirs.

Pas de saturnisme chez les habitants

Mais le Haut conseil de la santé publique a aussi préconisé un dépistage du saturnisme (maladie due au plomb) sur les habitants et des prélèvements sur les animaux qui ont transhumé par les estives situées sur le site minier.

Ce sont les résultats de ces analyses que la préfecture a livrés aux habitants le 23 mars. Avec une bonne et une moins bonne nouvelle.

La bonne concerne la santé des riverains. Le laboratoire spécialisé du CHU de Toulouse n’a observé aucune surexposition au plomb pour les 52 habitants qui se sont prêtés aux examens. Les pouvoirs publics vont donc se contenter de demander aux médecins généralistes de rester vigilants aux signes du saturnisme.

Les abats des animaux retirés du circuit

Pour les truites aussi, tout va bien. Idem pour la viande des 20 brebis et deux vaches de l’échantillon. Mais les abats de ces animaux d’élevage n’ont, eux, pas tous bonne mine. « Un taux de cadmium supérieur aux valeurs réglementaires a été constaté sur certains prélèvements de foie et de rein », indique la préfecture de l’Ariège.

Le cadmium est considéré comme toxique au même titre que le plomb et le mercure. Et même si « ces taux ne présentent pas de risques majeurs pour la santé humaine », trois mesures de précaution ont été adoptées.

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D’abord les abats des animaux qui ont transhumé par ces estives ne seront pas commercialisés. Ensuite, la préfecture a décidé de restreindre la circulation des animaux sur les zones d’anciens dépôts miniers en périodes de transhumance. Enfin, des contrôles réguliers vont être faits à l’abattoir pour contrôler régulièrement les abats des bêtes du coin.